Soumia fille de Khoubat

8 janvier 2009

Par Khadija

Première martyre de l’Islam, c’était la mère de Ammar fils de Yasser. Pour ceux qui ne voient toujours pas de qui il s’agit, je vous renvoie au film Le message de Mustapha Akkad, rappelez-vous la fameuse scène où un jeune homme (Ammar de son nom) assiste à la torture de ces parents alors qu’il a les mains liées à un poteau… Je pense vous avoir rafraîchi la mémoire.

C’est son fils qui l’exhorta à adorer un Dieu unique, elle fit partie du premier groupe de croyants. Sa conversion fut prit comme un affront par les notables de la Mecque , d’autant que sa famille ainsi que Bilal (l’esclave affranchi) ne bénéficiaient d’aucune protection contrairement à leurs coreligionnaires (le Prophète -ص- était sous la protection de son oncle et Abou Bakr sous celle des Banou Tamim).

Elle fut donc torturée par Abou Houdaïfa. Elle fut flagellée, privée d’eau et de nourriture sous un soleil accablant et ce pendant des jours. Pour que tout cela cesse, la condition était de renier sa nouvelle religion mais c’était sans compter sur sa foi inébranlable. Face à sa témérité, Abou Jahl prit le relais et lui fit subir les plus terribles souffrances alors qu’elle était âgée. Sa résistance sidérait les Qoreïchites et face à cette opiniâtreté la colère de ces-derniers fut telle qu’elle n’épargna aucun membre de la famille de Yasser.

L’exemple de Soumia est à bien des égards à rapprocher du sort que connaissent les Palestiniens aujourd’hui et depuis plus de 60 ans déjà. La fermeté et l’endurance sont des qualités qu’ils ont intégré au plus profond de leur être si bien qu’ils ne craignent pas la mort mais au contraire l’accueillent avec fierté et satisfaction. Je me suis surprise l’autre jour à admirer l’attitude d’un homme qui expliquait aux reporters que 5 membres de sa famille étaient ensevelis dans les décombres de son immeuble avec simplicité, dignité et surtout sans affolement. C’est une réaction que très peu de musulmans ont, seuls ceux qui vivent pareilles épreuves peuvent être impavides parce-qu’ils ont une fois ferme et un coeur sincère, et ils ont surtout compris que la vie d’ici-bas est éphémère et cruelle.

La mort nous rend visite 7 fois par jour, nous le savons mais pas avec le coeur et la raison. Les Palestiniens le vivent et en ont conscience au même titre que les premiers musulmans. Avoir la ferme conviction que la vie sur terre est passagère est un degré de la foi qui n’est atteint que si le coeur est apaisé, purifié.

Rendons hommage à ces femmes et à ces hommes sans qui l’Islam n’aurait traversé les siècles avec autant de gloire et de noblesse.  Que Dieu soit satisfait de toutes celles et ceux qui souffrent avec honneur et courage.

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