Par Mariame

Comment parler mode avec pareille actualité? C’est très simple: en évoquant le keffieh.

Vous connaissez toutes ce foulard, auquel Harrishella avait d’ailleurs consacré un billet il y a quelque temps, et qui n’est autre qu’un symbole politique devenu objet de mode pour fashionistats.

Ce morceau de tissu (comme un autre bizarrement) a fait couler beaucoup d’encre. Un débat a été soulevé, après que Balenciaga l’ait lancé lors de son défilé automne-hiver 2007/2008. Et c’est à partir de là que quelques-uns se sont interrogés sur la signification du keffieh et sur la portée symbolique qu’il pouvait avoir.

Certains magazines féminins ont carrément eu du mal à l’assumer. C’est par exemple le cas de ELLE,  qui au lieu de parler de keffieh a préféré utiliser le mot chèche, tout aussi exotique… mais surtout moins polémique!

Mais heureusement pour le monde de la mode, les stylistes sont là pour inventer et vendre du rêve. Le keffieh a été décliné sous différents formats, coloris et tissages. Désormais, porter un keffieh, surtout rose, ne fait pas de vous une militante en puissance, loin de là. Cela fait juste de vous une fille (ou un garçon) qui suit les tendances.

Reste à savoir comment, si un jour venait à un styliste l’idée saugrenue de lancer une mode des pierres (blazer incrusté de pierres par exemple), les papes de la mode arriveraient à justifier cette performance artistique et à lancer l’engouement? 

Alors demain mesdemoiselles, accordez vos keffieh (les vrais, et pas ceux de Chine!) à vos vestes et manteaux. Pas pour participer à la grande moutonnerie modesque, que non! C’est juste qu’une grande manif’ nous attend.

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Soumia fille de Khoubat

8 janvier 2009

Par Khadija

Première martyre de l’Islam, c’était la mère de Ammar fils de Yasser. Pour ceux qui ne voient toujours pas de qui il s’agit, je vous renvoie au film Le message de Mustapha Akkad, rappelez-vous la fameuse scène où un jeune homme (Ammar de son nom) assiste à la torture de ces parents alors qu’il a les mains liées à un poteau… Je pense vous avoir rafraîchi la mémoire.

C’est son fils qui l’exhorta à adorer un Dieu unique, elle fit partie du premier groupe de croyants. Sa conversion fut prit comme un affront par les notables de la Mecque , d’autant que sa famille ainsi que Bilal (l’esclave affranchi) ne bénéficiaient d’aucune protection contrairement à leurs coreligionnaires (le Prophète -ص- était sous la protection de son oncle et Abou Bakr sous celle des Banou Tamim).

Elle fut donc torturée par Abou Houdaïfa. Elle fut flagellée, privée d’eau et de nourriture sous un soleil accablant et ce pendant des jours. Pour que tout cela cesse, la condition était de renier sa nouvelle religion mais c’était sans compter sur sa foi inébranlable. Face à sa témérité, Abou Jahl prit le relais et lui fit subir les plus terribles souffrances alors qu’elle était âgée. Sa résistance sidérait les Qoreïchites et face à cette opiniâtreté la colère de ces-derniers fut telle qu’elle n’épargna aucun membre de la famille de Yasser.

L’exemple de Soumia est à bien des égards à rapprocher du sort que connaissent les Palestiniens aujourd’hui et depuis plus de 60 ans déjà. La fermeté et l’endurance sont des qualités qu’ils ont intégré au plus profond de leur être si bien qu’ils ne craignent pas la mort mais au contraire l’accueillent avec fierté et satisfaction. Je me suis surprise l’autre jour à admirer l’attitude d’un homme qui expliquait aux reporters que 5 membres de sa famille étaient ensevelis dans les décombres de son immeuble avec simplicité, dignité et surtout sans affolement. C’est une réaction que très peu de musulmans ont, seuls ceux qui vivent pareilles épreuves peuvent être impavides parce-qu’ils ont une fois ferme et un coeur sincère, et ils ont surtout compris que la vie d’ici-bas est éphémère et cruelle.

La mort nous rend visite 7 fois par jour, nous le savons mais pas avec le coeur et la raison. Les Palestiniens le vivent et en ont conscience au même titre que les premiers musulmans. Avoir la ferme conviction que la vie sur terre est passagère est un degré de la foi qui n’est atteint que si le coeur est apaisé, purifié.

Rendons hommage à ces femmes et à ces hommes sans qui l’Islam n’aurait traversé les siècles avec autant de gloire et de noblesse.  Que Dieu soit satisfait de toutes celles et ceux qui souffrent avec honneur et courage.

El Khansa, mère des martyrs

31 décembre 2008

Par Mariame

Depuis quelques jours, le peuple palestinien déjà victime d’un blocus imposé par l’occupant israélien est de nouveau frappé dans sa chair et dans son sang.  Les images font état d’une barbarie et d’une violence sans précédent. Alors que des hommes, des femmes et des enfants souffrent gravement du manque de soins, de médicaments, de nourriture et d’éléctricité, la communauté internationale reste muette. 

Pensons à toutes ces femmes, toutes ces mères qui chaque jours perdent pères, frères, fils et oncles. Pensons à leurs souffrances, et surtout à leur courage qui nous rapelle à bien des égards celui d’ une femme en particulier, El Khansa fille de Aâmr, l’une des plus vertueuses et des plus loyales dans son engagement vis-à-vis de Dieu. Elle était mère de quatre fils, tous poètes et cavaliers. Lors de la bataille d’El Qadissyya, elle sortit pour le combat accompagnée de tous ses fils. La nuit précédent le combat, elle les réunit et les exhorta à la sincérité et à la bravoure. Ils quittèrent leur mère et adoptèrent ses conseils. Ils combattirent jusqu’à ce que mort s’ensuive. Dès que la nouvelle de leur mort parvint à ses oreilles, elle dit: « Louange à Dieu qui m’a gratifié de leur martyr. Je prie le Tout-puissant de nous réunir en son séjour éternel de sa clémence. »

Des Khansa bintou Aâmr, il en existe à Gaza. Et il est de notre devoir de les soutenir. A nous de nous mobiliser au nom de la justice et des droits de l’homme,  et de dénoncer ce crime contre l’humanité. 

Pour information, Oumma.com lance une opération humanitaire pour Gaza en partenariat avec Muslim Hands et le Secours Islamique.

Vous trouverez également des informations dans l’onglet Urgence Palestine que vous êtes invité(e)s à alimenter si vous disposez d’informations supplémentaires.