Hijab and the city

Aujourd’hui, le mariage connait une véritable crise et les musulmans ne sont pas épargnés. Dans ce nouvel épisode d’Oumma pour elle by Hijab and the city, Khadija présente les différentes solutions adoptées par les musulmans pour échapper au célibat.

C’est ICI !

Excellent début de semaine à toutes et à tous.

Par Mariame

Lénine disait de l’université qu’elle était  » un petit miroir dans lequel se reflètent toutes les contradictions de la société. » Si l’on s’arrête quelques minutes sur l’actualité, et notamment celle des universités françaises, on s’aperçoit  que cette phrase qui doit avoir un siècle est criante de vérité.

A celles et ceux qui pensent que ce qui se passe aujourd’hui dans nos facs ne nous concerne pas, j’affirme que si, cela nous concerne ! De plus en plus de jeunes gens issus de l’immigration et/ou des milieux populaires fréquentent les universités françaises. Parmi eux les musulmanes que nous sommes, voilées ou non. Bien sûr, il faudrait relativiser cette démocratisation scolaire en montrant, avec des chiffres et des enquêtes sociologiques, que très souvent cette population a accès à des filières bien précises (les moins prestigieuses), que l’échec à l’issue de la première année est assez conséquent et qu’à la fin de la licence, les quelques rescapés ont très peu de chance d’accéder au Master. Mais malgré cela, il faut absolument se renseigner sur ce qui se joue aujourd’hui avec la loi dite d’autonomie des universités (LRU), qui depuis 2007 agite les campus de notre douce France (ah!).

Très brièvement, il s’agit purement et simplement d’une privatisation de l’enseignement supérieur et de ses financements déguisée en autonomie et progrès considérables en faveur de facs médiocres qui n’offrent pas de perspectives professionnelles aux jeunes à la fin de leur cursus universitaire, et qui se trouvent loin derrière les grandes écoles françaises (elles-mêmes loiiiin derrière les grandes universités de la planète, notamment américaines). L’application de la LRU se traduirait d’un côté par la création de pôles d’excellence pour ceux qui ont les moyens de payer des frais de scolarité exorbitants, et  de l’autre la création d’universités poubelles. Bien entendu, nous savons que ces dernières existent déjà, des satellites dont les diplômes ne valent pas grand chose. Mais la LRU vient accentuer encore plus ces inégalités. Tout le monde connait les systèmes d’enseignements anglo-saxons. Le brillant John, très bon basketteur issu de Brooklyn, ne peut aller à l’université que si on lui attribue une bourse ou si… ses parents s’endettent (ou les deux!). Alors imaginez le destin de Ali, très bon élève du 93, dans quelques années après l’obtention de son bac… Autant aller aux States : au moins là-bas, on vit bien son islamité et on mange du cheesecake à gogo !

Depuis plusieurs semaines, ce sont les enseignants chercheurs avec certains étudiants qui se mobilisent. Ils contestent pour la plupart uniquement le décret qui les concerne, et non la réforme Pécresse dans sa globalité. Ce mouvement se révèle être plus corporatiste qu’autre chose, même si certains professeurs font entendre une voix différente, qui elle dénonce la LRU dans son ensemble et par la même, le sort réservé aux étudiants les plus défavorisés.

Vous l’aurez compris, l’université française connait des transformations des plus libérales qui traversent en réalité l’ensemble de la société et de ses différentes sphères. On parle de crise à tout va sans vraiment saisir ce qui se joue. Nous ne devons pas être passifs. Le musulman et la musulmane doivent avoir un avis réfléchi sur tout, et particulièrement dans cette société où sa politisation est une question de survie !

Elle a bon dos…

17 mars 2009

Hijab and the city a le plaisir de lancer « l’illustration de la semaine », qui reprendra chaque semaine en dessin une actualité qui nous concerne. A commenter sans modération !

Par Shahîn

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© Hijab and the city