Par Khadija

Nombreuses sont celles qui s’interrogent sur la façon de connaître son futur conjoint. En effet, parce-qu’ il existe des principes qui guident notre vie de femme musulmane auxquels nous tenons et nous nous attachons, il n’en reste pas moins que certaines situations, certains épisodes de notre vie qui engagent notre avenir, notre devenir, appellent à une réflexion et parfois même à des doutes et des craintes. Des craintes, parce-qu’il s’agit de ne pas se fourvoyer et avoir des regrets.

Rencontrer une personne en vue d’une relation sérieuse, d’une union, permet dans un premier temps de bien définir le cadre dans lequel la situation va évoluer. On sait d’emblée quel est le but de cette rencontre ce qui évite tout quiproquo, toute fin malheureuse, toute erreur. Le fait d’accepter cette rencontre nous place dans une posture claire parce-que définie.

Seulement il est une question importante et troublante concernant la fréquentation de la personne que l’on vous aura présenté ou que vous aurez rencontré. En effet, partant du principe que notre islamité nous invite à observer certaines règles, quels sont les écueils face auxquels nous devons nous prémunir?

Aujourd’hui, il est d’usage de planifier des rendez-vous avec celui qui est sensé être le futur conjoint. Partant du fait que c’est une relation sérieuse qui est engagée, il paraît juste de se voir en tête à tête. Il est vrai que cela se fait bien souvent dans des endroits publics et non dans des espaces confinés. Néanmoins, sommes-nous sûres de leurs intentions ou inversement le sont-il des nôtres?

C’est une question difficile à traiter mais bien réelle et qui se pose à chacune d’entre nous. Je suis responsable et lui également mais suis je en phase avec ma foi, avec ce que je suis?

Pour certaines, le problème ne se pose pas parce-qu’elles ont décidé de se marier religieusement (la fatha) ce qui leur permet de pouvoir fréquenter leur époux (parce-qu’il l’est devenu) sans soucis. Et quand le courant ne passe pas, elles rompent et passe à autre chose.

Pour d’autres, c’est au téléphone ou sur internet que tout se joue. Ne pas être en contact physiquement et donc l’être virtuellement, conforte dans l’idée que les faux pas seront évités.

Il y aussi celles qui tentent le tout pour le tout: une rencontre ou deux à la maison, quelques coups de téléphone après la fatha et pas plus.

Enfin, il y a celles qui fréquentent celui qui se présente comme le futur conjoint: au restaurant, au café ou sorties culturelles, pourvu que ce soit dans des lieux publics où il y a foule.

Ainsi, il s’agit là de jeunes femmes musulmanes conscientes et soucieuses de leur relation avec le Très Haut mais qui malgré tout souhaitent à tout prix connaître autant que faire se peut celui avec qui elles finiront leurs jours, quoi de plus légitime. Etant occidentales et croyantes de surcroît quelle attitude adopter? Comment réagir, parce-qu’il faut bien se l’avouer le sujet est délicat?

Aujourd’hui, plus que jamais, la tendance est à la fréquentation avant le mariage. Il n’est pas question de juger mais de s’interroger: l’Islam nous invite à toujours être en présence d’un mahram (une personne que l’on ne peut épouser et qui en somme fait office de chaperon), or cela se fait de moins en moins.

Qu’en est-il de vous mesdames? Ce principe est-il respecté? contourné? ou au contraire détourné? Se marier religieusement parce-que la motivation est de mieux le connaître sans réellement prendre cet acte comme un  véritable engagement relève t-il de la malhonnêteté? du calcul? Faut-il ne pas trop chercher à en savoir sur lui et donc se cantonner à l’essentiel quant à ses ambitions, ses projets?

Le discernement de ce qui est bien ou de ce qui ne l’est pas nous a été inculqué dès l’enfance, or tout le monde ne sort pas du même moule alors qu’en est-il réellement?

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Par Hijab and the city

Cette semaine dans Oumma pour elle by Hijab and the city, c’est notre praticienne en psychothérapie et en hypnothérapie, Karima Chahdi-Bahou, qui aborde la question du couple et l’importance de vivre cette relation sous le prisme de l’amour et de la foi.
C’est ICI.

Excellent début de semaine à toutes et à tous !

Par Karima Chahdi-Bahou*

Être homme, être femme sont deux manières d’être au monde. Dieu nous dit dans le Saint Coran que « le masculin est différent du féminin » (S Al Imrane V36) ; cette parole de Dieu à la mère de Maryam (AS) au moment de sa venue au monde nous invite à entrer dans la découverte du monde de l’autre et de s’ouvrir à la radicale différence de l’autre, alors osons la différence !!

 

Une grande Alliance

Le couple est la recherche d’une alliance respectueuse honnête et forte, et qui sans cesse réactualise deux libertés : celle d’être un homme et celle d’être femme.

Un couple c’est l’histoire d’une rencontre de deux personnes en interaction et interrelation qui vivent un lien particulier, un lien d’appartenance puissant à tel point que Dieu le qualifie dans le Coran de « Mithaq al Ghalidh », la grande alliance, le lien puissant. Cette idée est importante pour comprendre le couple.

En effet chacun amène à travers son histoire, son passé, son schéma du couple, ses propres données qui influencent obligatoirement l’organisation et l’équilibre du couple.

Un rapprochement de soi

La relation conjugale nous permet de vivre un rapprochement de soi ; en effet pour bien se comprendre il est d’abord nécessaire d’aller à la rencontre de soi-même, c’est-à-dire de prendre conscience de :

  • Son propre cadre de références
  • Ce que je crois
  • Ce que je pense, mes valeurs
  • Qu’est ce qui se joue pour moi au travers de cette relation ? Qu’est ce que cette relation m’apprend sur moi ? Quels sont les ajustements que je dois apporter ?

Ces questionnements permettent au couple de devenir une entité vivante, la ressentir , la soigner, l’arroser comme une plante, la nourrir de sa bienveillance et non pas la considérée comme une structure blindée , bétonnée.

Quand Aïcha (RAA) demandait au prophète (paix et salut de Dieu sur lui) s’il l’aimait, il comparait son amour à un nœud solidement noué et quand elle l’interrogeait sur la solidité du nœud , le Prophète (PSDL) lui répondait qu’il était comme au premier jour.

L’amour et un sentiment noble et unique, un sentiment sacré car il fait partie de notre Essence même.

Au cœur de chaque être humain il y a une aspiration profonde à vivre une intimité et une complicité avec l’autre.

Regarder son partenaire comme étant la meilleure opportunité pour moi d’évoluer, de voir mes chaînes, mes verrous afin de les enlever. C’est enfin vivre un rapprochement de soi pour mieux se rapprocher de l’autre.

L’union du couple deviendra d’autant plus solide que les époux partagent des centres d’intérêts communs au niveau spirituel, physique, intellectuel et émotionnel. 

* Karima est praticienne en psychothérapie et hypnothérapie.