Par Maytika

A l’instar de notre chère chroniqueuse grecque Allison, ma destinée m’a propulsée dans une petite ville au nord de la Hollande pendant un certain temps. Et comme Allison, ne voulant pas me risquer à des sujets aussi épineux que le gouda ou les coffee shop, je me suis penchée sur le phénomène religieux en scrutant la communauté musulmane d’ici.

Plantons le décor : une ville très chaleureuse, non pas par son temps glacial légendaire, mais davantage par l’accueil qu’une voilée comme moi a pu bénéficier dans pareille ville où de grands blonds aux yeux bleus et teint mi-nature mi-UV se côtoient tous les jours, interchangeables et assimilables pour l’étrangère française que je suis. Une ville qui a bientôt un siècle d’existence, bâtie sur de l’eau (il n’est pas rare de rencontrer des pêcheurs en plein centre ville, canne à la main, accoutrement digne d’un marin, à bord de son bateau-home), d’une architecture quasi rectiligne aux doublons déconcertants, qui m’ont perdue plus d’une fois alors que je tentais simplement de regagner mon logis. Bien évidemment, la propreté est religion ici, Dieu merci !

Ville très étudiante et sportive, elle renferme en son sein des complexes et des espaces verts remarquablement bien entretenus, au grand bonheur de la tenniswoman qui débarque !

Il est une particularité affligeante dans les universités néerlandaises, c’est qu’elles ne sont fréquentées que par les élites ayant le cortex cérébral et l’argent qui va avec. « Très rare de rencontrer des hollandais d’origine maghrébine à l’université » m’a-t-il été confié. C’est pourquoi, de têtes basanées ou franchement foncées, je n’en ai rencontrées que peu et tous étaient des étudiants étrangers.

Voyons à présent la ferveur religieuse de la communauté musulmane : une petite mosquée, dans un parc sillonné par toutes sortes de canards et de signes, accueille tous les vendredis les fidèles de l’Islam, venus écouter le sermon dispensé par un imam, guide spirituel de cette petite Oumma très cosmopolite et s’élargissant régulièrement par de nouvelles adhésions.

Décor bon enfant n’est-ce pas ? Allons plus loin…

Il y a deux ans de cela, une étudiante en droit, hollandaise de souche, avait été à l’origine de débats houleux au sujet du voile intégral ou nikab à la faculté de droit. Il était question de savoir si elle pouvait se présenter aux examens alors qu’elle n’était pas identifiable. A sa demande, une surveillante fut chargée de contrôler son identité, et l’affaire était réglée.

Cette mentalité du compromis est très présente parmi les dutch, au grand bonheur des minorités visibles qui n’ont aucun mal à pouvoir swimmer entre elles, à l’abri des regards de poulets !

Ainsi, l’affaire du réalisateur Théo Van Gogh et son assassinat n’auraient pas enclenché une montée en flèche de l’islamophobie, en tout cas pas dans cette petite ville jumelée à Jabalya (Palestine), ni au sein de son université dont la très populaire association de la faculté des sciences spatiales porte le nom d’Ibn Battuta, ce grand explorateur marocain qui fut l’un des fondateurs de la géographie.

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Par Khadija

Non, rassurez-vous, je ne me lance pas dans l’un de ces quizz pompeux  avec des réponses sensées déterminer notre profil psychologique, intellectuel… tout cela pour nous conforter quelque part dans notre médiocrité pire nous démonter en deux temps trois mouvements.

Là il s’agit de déterminer quel genre de vie vous souhaitez mener. Je m’explique: aspirez-vous à une carrière professionnelle épanouie et éclatante quoiqu’il arrive ou êtes-vous plus faites pour une vie toute aussi rythmée mais cette fois à la maison entourée de vos charmants enfants à qui vous vous consacrerez tous les jours?

Aujourd’hui, il parait difficile pour certaines d’entre nous d’envisager un quelconque avenir professionnel mais à coeur vaillant rien d’impossible n’est-ce-pas? Difficultés mises à part, puisque la vie est pleine de défis, nombreuses sont celles qui se lancent dans de longues études avec pour ambition d’atteindre THE objectif, le poste tant convoité et ce avec détermination, c’est bien connu les filles c’est beaucoup plus sérieux! Elles sont aussi très nombreuses à partir et tenter leur chance vers d’autres contrées.

Par ailleurs, il y a celles qui préfèrent être mère au foyer. Leur devise: ma famille et ma maison. Elles ne jurent que par cela: elles motivent les troupes, les régalent, les éduquent tout en n’oubliant pas de rester femmes. Les bons côtés, et cela on en a quand même pas mal profité pour la plupart, c’est leur disponibilité et les bons plats parce-que la bonne cuisine ça fédère et ça soude! 

Et puis il y a celles qui jonglent: elles ne travaillent qu’à temps partiel et veulent passer le maximum de temps à la maison. C’est simple: elles veulent leur indépendance financière et être présentes pour leurs enfants quoiqu’il arrive.

La femme a toujours été et reste le socle du foyer familial. Elle soutient, elle supporte, elle écoute et elle conseille. C’est une Wonderwoman des temps modernes. Or, il peut arriver qu’elle en oublie d’être femme: à force de sacrifice et de priorités mal gérées, son bien-être passe au second plan jusqu’au jour où elle ne se supporte plus. Ainsi, il convient d’avoir un équilibre dans sa vie de femme en réussissant à allier féminité et quotidien.

Alors quel genre de femme êtes-vous ou souhaitez-vous être? Chacune est libre de faire le choix qui lui semble être le meilleur sans pour autant perdre de vue certains éléments déterminants dans notre vie de femme. L’important est de mettre en avant ce que l’on est et d’optimiser au mieux son potentiel.

Par Mariame

Lénine disait de l’université qu’elle était  » un petit miroir dans lequel se reflètent toutes les contradictions de la société. » Si l’on s’arrête quelques minutes sur l’actualité, et notamment celle des universités françaises, on s’aperçoit  que cette phrase qui doit avoir un siècle est criante de vérité.

A celles et ceux qui pensent que ce qui se passe aujourd’hui dans nos facs ne nous concerne pas, j’affirme que si, cela nous concerne ! De plus en plus de jeunes gens issus de l’immigration et/ou des milieux populaires fréquentent les universités françaises. Parmi eux les musulmanes que nous sommes, voilées ou non. Bien sûr, il faudrait relativiser cette démocratisation scolaire en montrant, avec des chiffres et des enquêtes sociologiques, que très souvent cette population a accès à des filières bien précises (les moins prestigieuses), que l’échec à l’issue de la première année est assez conséquent et qu’à la fin de la licence, les quelques rescapés ont très peu de chance d’accéder au Master. Mais malgré cela, il faut absolument se renseigner sur ce qui se joue aujourd’hui avec la loi dite d’autonomie des universités (LRU), qui depuis 2007 agite les campus de notre douce France (ah!).

Très brièvement, il s’agit purement et simplement d’une privatisation de l’enseignement supérieur et de ses financements déguisée en autonomie et progrès considérables en faveur de facs médiocres qui n’offrent pas de perspectives professionnelles aux jeunes à la fin de leur cursus universitaire, et qui se trouvent loin derrière les grandes écoles françaises (elles-mêmes loiiiin derrière les grandes universités de la planète, notamment américaines). L’application de la LRU se traduirait d’un côté par la création de pôles d’excellence pour ceux qui ont les moyens de payer des frais de scolarité exorbitants, et  de l’autre la création d’universités poubelles. Bien entendu, nous savons que ces dernières existent déjà, des satellites dont les diplômes ne valent pas grand chose. Mais la LRU vient accentuer encore plus ces inégalités. Tout le monde connait les systèmes d’enseignements anglo-saxons. Le brillant John, très bon basketteur issu de Brooklyn, ne peut aller à l’université que si on lui attribue une bourse ou si… ses parents s’endettent (ou les deux!). Alors imaginez le destin de Ali, très bon élève du 93, dans quelques années après l’obtention de son bac… Autant aller aux States : au moins là-bas, on vit bien son islamité et on mange du cheesecake à gogo !

Depuis plusieurs semaines, ce sont les enseignants chercheurs avec certains étudiants qui se mobilisent. Ils contestent pour la plupart uniquement le décret qui les concerne, et non la réforme Pécresse dans sa globalité. Ce mouvement se révèle être plus corporatiste qu’autre chose, même si certains professeurs font entendre une voix différente, qui elle dénonce la LRU dans son ensemble et par la même, le sort réservé aux étudiants les plus défavorisés.

Vous l’aurez compris, l’université française connait des transformations des plus libérales qui traversent en réalité l’ensemble de la société et de ses différentes sphères. On parle de crise à tout va sans vraiment saisir ce qui se joue. Nous ne devons pas être passifs. Le musulman et la musulmane doivent avoir un avis réfléchi sur tout, et particulièrement dans cette société où sa politisation est une question de survie !