Quelle place pour les étudiant(e)s musulman(e)s que nous sommes dans l’actualité des universités françaises ?

25 mars 2009

Par Mariame

Lénine disait de l’université qu’elle était  » un petit miroir dans lequel se reflètent toutes les contradictions de la société. » Si l’on s’arrête quelques minutes sur l’actualité, et notamment celle des universités françaises, on s’aperçoit  que cette phrase qui doit avoir un siècle est criante de vérité.

A celles et ceux qui pensent que ce qui se passe aujourd’hui dans nos facs ne nous concerne pas, j’affirme que si, cela nous concerne ! De plus en plus de jeunes gens issus de l’immigration et/ou des milieux populaires fréquentent les universités françaises. Parmi eux les musulmanes que nous sommes, voilées ou non. Bien sûr, il faudrait relativiser cette démocratisation scolaire en montrant, avec des chiffres et des enquêtes sociologiques, que très souvent cette population a accès à des filières bien précises (les moins prestigieuses), que l’échec à l’issue de la première année est assez conséquent et qu’à la fin de la licence, les quelques rescapés ont très peu de chance d’accéder au Master. Mais malgré cela, il faut absolument se renseigner sur ce qui se joue aujourd’hui avec la loi dite d’autonomie des universités (LRU), qui depuis 2007 agite les campus de notre douce France (ah!).

Très brièvement, il s’agit purement et simplement d’une privatisation de l’enseignement supérieur et de ses financements déguisée en autonomie et progrès considérables en faveur de facs médiocres qui n’offrent pas de perspectives professionnelles aux jeunes à la fin de leur cursus universitaire, et qui se trouvent loin derrière les grandes écoles françaises (elles-mêmes loiiiin derrière les grandes universités de la planète, notamment américaines). L’application de la LRU se traduirait d’un côté par la création de pôles d’excellence pour ceux qui ont les moyens de payer des frais de scolarité exorbitants, et  de l’autre la création d’universités poubelles. Bien entendu, nous savons que ces dernières existent déjà, des satellites dont les diplômes ne valent pas grand chose. Mais la LRU vient accentuer encore plus ces inégalités. Tout le monde connait les systèmes d’enseignements anglo-saxons. Le brillant John, très bon basketteur issu de Brooklyn, ne peut aller à l’université que si on lui attribue une bourse ou si… ses parents s’endettent (ou les deux!). Alors imaginez le destin de Ali, très bon élève du 93, dans quelques années après l’obtention de son bac… Autant aller aux States : au moins là-bas, on vit bien son islamité et on mange du cheesecake à gogo !

Depuis plusieurs semaines, ce sont les enseignants chercheurs avec certains étudiants qui se mobilisent. Ils contestent pour la plupart uniquement le décret qui les concerne, et non la réforme Pécresse dans sa globalité. Ce mouvement se révèle être plus corporatiste qu’autre chose, même si certains professeurs font entendre une voix différente, qui elle dénonce la LRU dans son ensemble et par la même, le sort réservé aux étudiants les plus défavorisés.

Vous l’aurez compris, l’université française connait des transformations des plus libérales qui traversent en réalité l’ensemble de la société et de ses différentes sphères. On parle de crise à tout va sans vraiment saisir ce qui se joue. Nous ne devons pas être passifs. Le musulman et la musulmane doivent avoir un avis réfléchi sur tout, et particulièrement dans cette société où sa politisation est une question de survie !

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14 Réponses to “Quelle place pour les étudiant(e)s musulman(e)s que nous sommes dans l’actualité des universités françaises ?”

  1. bader said

    C’est sûr que vu que nous sommes sur-représentés dans les parcours les moins prestigieux pour rester poli, ce genre de réforme nous concerne encore davantage que les autres…

    Suffit de regarder la fac de Paris XII en fait Villetaneuse, Bobigny et Saint Denis la fac du 93 en fait…
    Si demain c’est « autonome », je me demande quelle entreprise donnera des sous à ce genre de fac ?

    A la limite Nike, Adidas et KFC fileront des subventions pour qu’on fasse des recherches… J’imagine les sujets : « La qualité du poulet comme facteur différenciant (halal soit disant): exemple de KFC » , de « l’intérêt supérieur du coton sur le polyester dans les survêtements » etc.

    Le problème c’est qu’aussi ces mouvements étudiants n’abordent que très rarement les conséquences sur les populations racisées, et eux mêmes sont assez ethniquement homogène hein pour pas dire blancs…

  2. MamzelMalika said

    Avis aux étudiants d’écoles

    Que vous n’en soyez pas touchés, c’est une chose, mais cela ne vous dispense aucunement de manifester votre désaccord, si tant est il y ait désaccord.

    Si ce n’est pas vous, ce sont vos enfants qui en pâtiront de ce système.

    A bon entendeur!

  3. Mohamed, 23 ans et célib said

    Slm Alkm,

    Je suis pour, en tout cas pour une partie du décret: l’évaluation des professeurs!! Franchement, yen a certains, on se demande comment ils ont eu leur diplôme, mais surtout je critique leur façon d’enseigner!

    ENFIN, c’est dommage qu’il n’y ait pas plus de cours EN anglais! Je suis dans une des plus belles facs du monde, et pourtant je ne pense pas être mieux pris en charge que d’autres!

    Salam Alkm!

  4. MamzelMalika said

    @ Mohamed : évaluer en fonction de quoi? La tête du prof ou sa sympathie pour les têtes basanées? Encore mieux : leur enclin naturel à surévaluer les étudiants soucieux de râter leur année d’étude (et leur bourse cela va de soi) à cause d’un bachotage de dernière minute trop baclé?

    Je te suis pour les études en anglais.
    De quelle fac s’agit-il?

  5. Mohamed, 23 ans et célib said

    MamzelMalika,

    je parlais de l’évaluation de la PEDAGOGIE de l’enseignant! Chargé de TD, maître de conférence ou professeur doivent être évalués! C’est la moindre des choses. Tout le monde est évalué dans le monde du travail, pourquoi pas eux. Etre prof n’est pas un acquis car il se construit en fonction des étudiants qu’il a en face de lui: c’est le savoir-enseigner, presque un art! Et ce n’est certainement pas une question de physique!

  6. MamzelMalika said

    @ Mohamed : oui la pédagogie, c’est bien ce que j’avais compris. Mais vas au delà de cette appréciation et questionne le degré de fiabilité et de bonne foi des notants, tout en tenant compte de leur fin. Mets également en parallèle les failles latentes du système universitaire français ayant pour soucis de réaliser des économies d’échelle sur le dos des enseignants (d’où l’idée lumière de privatiser à l’instar des universités britannique, américaine ou autre. Pondère à cela la notoriété de chaque université selon qu’elle se situe à Paris ou en province (qui souffre du manque de représentativité parce que l’enveloppe allouée à l’éducation était bien trop maigre pour envisager des rénovations ou faire appel à des formateurs de qualité).
    Mijote enfin un bon petit coup et tu réaliseras que ce n’est pas en octroyant AAA ou BBB à tel enseignant ou tel autre que notre système universitaire typiquement frenchi s’améliorera d’une once.

    Pour anecdote, j’avais un chargé de TD en math financière qui entassait les diplômes sur son CV et qui, à priori, était sélectionné en fonction de cette liste de qualifications théoriques. Sans avoir à le noter et du fait de notre ras-le bol à avoir un mi prof/mi étudiant (quand il dispensait ses cours, il semblait les découvrir et les apprendre en même temps que nous), nous l’avons précipité vers la porte de sortie. Une relève a très vite été assurée.
    Nul besoin d’un système lourd et très administratif qui demande à chaque étudiant (qu’il ait assisté aux cours ou pas d’ailleurs) de noter son formateur.
    Dans le monde du travail c’est tout autre, la productivité et la performance de la boite sont en jeu. Résultats palpables, quantifiables et donc gratifiables.

    Un art n’a pas de valeurs.

  7. Mohamed, 23 ans et célib said

    Mamzel Malika,

    Enlevons le système de notation des étudiants également! Que je trouve de surcroît complètement débile, car triche qui veut.

    Faire d’une université une entreprise: c’est l’enjeu majeur que défend Sarkozy. C’est un point de vue respectable. C’est une culture de l’excellence, de la performance et de la compétence. Peu importe d’où tu viens, ta philosophie de vie, ta religion…

    C’est la culture anglo-saxonne. Tout simplement. Et j’y adhère complètement. Complètement, parce que « si t’es pas bon, tu dégages… tu seras forcément bon ailleurs »; parce que l’on veut les meilleurs dans chaque domaine, peu importe, encore une fois, ton CV, ta philosophie de vie et ta religion. Du moment que tu es bon dans ton domaine… Tu vois où je veux en venir.

    Permets moi de t’éclairer. En France, on se cantonne à des principes… hypocrites. La laïcité (dont la définition première était l’espace de liberté pour toutes les religions) est brandie partout comme un athéisme pur et dur, avec une haine, aujourd’hui, de l’ISLAM… la liberté (mais que faire sans argent…), la justice sociale (sans travail pour cotiser, c’est difficile…), l’égalité (qui n’existe pas), la fraternité (alors qu’on décime la famille à coup de PACS, d’émancipation, de promotion du sexe à tout va)… Mais surtout que des citoyens soient rabaissé parce que différents, et j’en passe…

    Rien qu’avec l’expression « la france de la diversité », on souhaite mettre les « divers » à part! Comme si j’avais une tête de divers…

    Or, dans les pays anglo-saxons, tu as un salaire, tu paies les impôts. You are a good citizen. Peu importe ta culture, ta religion: TU APPORTES UNE VALEUR AJOUTEE à la Société tout entière, quantifiée par les Livres Sterling! Et seulement par les livres Sterling. Pourquoi quand je suis parti en Angleterre, je voyais des filles et des femmes voilées à perte de vue! Qui partaient à l’école, qui travaillaient dans la police, dans des magasins de grandes enseignes, dans des bureaux… Pareil pour des frères avec des barbes MashaAllah travaillant partout, notamment dans les quartiers financiers.

    Pourquoi n’y a t-il pas un climat de racisme hypocrite???

    Pourquoi je voyais des affiches dans le métro (the Tube à Londres) qui faisait la promotion des handicapés DEFIGURES du visage pour qu’ils soient embauchés comme tout le monde (alors qu’en France on en est encore à ne pas les accepter tout court)? Pourquoi il y a des centres islamiques magnifiques, avec des minarets? Pourquoi tout se fait sans problème philosophique à la noix? Parce que la seule valeur reconnue est l’argent. Et c’est pour cela que les musulmans ont toute leur place là bas. Car ils travaillent sans qu’on leur demande d’enlever le voile, sans qu’on leur interdise de faire la prière dans leur lieu de travail… du moment qu’ils sont EXCELLENTS dans leur boulot et qu’ils apportent de la valeur ajoutée.

    C’est cette philosophie de l’excellence, qui ne tient absolument pas compte d’une hypocrisie à la con, qui fait avancer ces pays et ses communautés musulmanes!

    Pour répondre à la question de Mariame à propos de la place que doivent avoir les musulmans dans l’université française et je rajouterai également dans le marché du travail? L’EXCELLENCE!!! Même dans la misère, on aura deux fois plus de mérite, dans leurs yeux, peut-être, mais devant notre OUMMA et devant ALLAH (awj), certainement, INCHAALLAH.

    Wa salam Alikoum wr wb!

    PS: Mamzelmalika, je ne suis ni pro-UMP, ni pro-sarko, ni même socialo! je suis juste un frère qui se dit que la solution peut venir d’ailleurs, si l’on prend le temps de découvrir les autres cultures et rendre visite à différentes communautés musulmanes à travers le Monde. Je suis un frère qui aime sa Oumma. Sincèrement.

  8. MamzelMalika said

    Salam salam (thé ou café tu ne m’en voudras pas mais j’ai accroché sur ton doublon :p )

    @ Mohamed :

    Qui doit obtenir un diplome? L’étudiant qui fait ses preuves ou l’enseignant qui les brandit ? L’étudiant, qu’il faut grader.

    Ce que j’ai retenu :
    1-tu es un adepte de la privatisation de l’éducation.
    2-l’égalité des chances doit passer outre la différence d’origine, d’ethnie, de religion.
    3-tout passe par l’argent : le succès scolaire, professionnel, l’intégration.
    4-la clé de la réussite : l’excellence

    A cela je réponds :
    1-la privatisation c’est le choix d’un programme à la carte. X entreprises seront partenaires de l’université en question. Le deal : subventions vs un programme adéquat à leurs attentes sur le marché. C’est typiquement ce que font les écoles de commerce. Ces mêmes écoles que seuls les friqués pourront se payer (exception faite à une ou deux écoles).
    Tu portes ainsi atteinte à ladite égalité des chances que tu défends.
    Pire, tu créé une élite de l’argent et non une élite du mérite.
    Qu’en est-il de l’art d’enseigner qui se meurt ..
    2- d’accord avec toi. C’est le cas en France comme aux USA comme en UK. Je n’ai pas encore rencontré de concours réservé aux blancs/blonds/yeux bleus. Je n’ai pas été exclue de mon école du fait de mon voile, je ne connais aucune soeur ni aucun frère qui a du faire abstraction de son appartenance religieuse pour étudier dans les universités françaises.
    3-Ah? je pensais que tout passait par le mérite?
    4-Je veux.

  9. devoteamconsultingtem said

    @Mohamed, tu parles de l’objectif de ta vie comme celui d’apporter de la valeur ajoutée à la société. Sans compter que ce terme ne veut strictement rien dire, est totalement connoté : « valeur ajouté » étant un terme comptable, ma question principale c’est à qui tu apportes cette soit-disant valeur ? Tu parles de faire de l’Université une entreprise, c’est à dire, la propriété de personnes dont l’objectif sera de faire du profit… Et non plus d’apporter un savoir et d’enrichir la société par la science…

    Dans la culture arabo-musulmane la place du savoir et du savant est primordiale, être doctorant est des plus prestigieux, et contrairement à la France justement, les chercheurs ne sont pas considérés comme des « fonctionnaires inutiles refusant de se frotter à la vraie vie du privée » mais comme des savants travaillant dans l’intérêt collectif…

    Sachant que le devoir de tout musulman est d’apprendre, d’enrichir sa connaissance. Sachant que c’est par ailleurs une nécessité pour tous dans cette société. Et sachant que parmi ceux qui ont le moins de moyens, les musulmans sont sur-représentés, il est essentiel que l’enseignement soit abordable pour tous.

    D’autre part pour commencer à évaluer un professeur sur sa pédagogie, il faut qu’il en ait une. Par conséquent, il faut qu’il bénéfice d’une formation en pédagogie, car apprendre à l’autre n’est pas naturel, c’est quelque chose que l’on apprends…

    Tu pars également dans des considérations culturels sur la soit-disant supériorité du modèle anglo-saxon… Je pense que si l’Histoire nous a appris quelque chose, c’est bien de ne pas s’aligner sur le plus fort. Sinon durant la colonisation nous aurions abandonné toutes nos valeurs, tous nos savoirs au profit de ceux du colonisateur. Ce qui malheureusement a pas mal été entrepris. Il faut savoir faire une lecture critique des modèles de société…

    Et pour finir ton jugement qui est de dire que ce modèle qui s’annonce est celui « de l’excellence, de la performance et de la compétence » est à balayer d’un simple revers de main. En effet, toute la richesse actuelle du monde Occidentale, et également d’autres ères de civilisation (comme le Japon), son excellence, sa performance et sa compétence s’est construit sur des Universités ouvertes au plus grand nombre, autonome du pouvoir économique spéculateur et partisan. Même dans le modèle anglo-saxon il existe un nombre incalculable de système de bourses, de subventions, et de moyens de palier au défaut inhérent de leur système privée…

    Ainsi le M.I.T a publié gratuitement et publiquement l’ensemble de ces cours, on est bien loin du modèle du tout payant… C’est dans ce sens de rendre le savoir accessible au plus grand nombre qu’il faut aller, et non pas d’un privilège réservé aux plus « méritants » dont on sait bien de qu’il s’agit en France…

  10. Bader said

    @Mohamed, tu parles de l’objectif de ta vie comme celui d’apporter de la valeur ajoutée à la société. Sans compter que ce terme ne veut strictement rien dire, est totalement connoté : “valeur ajouté” étant un terme comptable, ma question principale c’est à qui tu apportes cette soit-disant valeur ? Tu parles de faire de l’Université une entreprise, c’est à dire, la propriété de personnes dont l’objectif sera de faire du profit… Et non plus d’apporter un savoir et d’enrichir la société par la science…

    Dans la culture arabo-musulmane la place du savoir et du savant est primordiale, être doctorant est des plus prestigieux, et contrairement à la France justement, les chercheurs ne sont pas considérés comme des “fonctionnaires inutiles refusant de se frotter à la vraie vie du privée” mais comme des savants travaillant dans l’intérêt collectif…

    Sachant que le devoir de tout musulman est d’apprendre, d’enrichir sa connaissance. Sachant que c’est par ailleurs une nécessité pour tous dans cette société. Et sachant que parmi ceux qui ont le moins de moyens, les musulmans sont sur-représentés, il est essentiel que l’enseignement soit abordable pour tous.

    D’autre part pour commencer à évaluer un professeur sur sa pédagogie, il faut qu’il en ait une. Par conséquent, il faut qu’il bénéfice d’une formation en pédagogie, car apprendre à l’autre n’est pas naturel, c’est quelque chose que l’on apprends…

    Tu pars également dans des considérations culturels sur la soit-disant supériorité du modèle anglo-saxon… Je pense que si l’Histoire nous a appris quelque chose, c’est bien de ne pas s’aligner sur le plus fort. Sinon durant la colonisation nous aurions abandonné toutes nos valeurs, tous nos savoirs au profit de ceux du colonisateur. Ce qui malheureusement a pas mal été entrepris. Il faut savoir faire une lecture critique des modèles de société…

    Et pour finir ton jugement qui est de dire que ce modèle qui s’annonce est celui “de l’excellence, de la performance et de la compétence” est à balayer d’un simple revers de main. En effet, toute la richesse actuelle du monde Occidentale, et également d’autres ères de civilisation (comme le Japon), son excellence, sa performance et sa compétence s’est construit sur des Universités ouvertes au plus grand nombre, autonome du pouvoir économique spéculateur et partisan. Même dans le modèle anglo-saxon il existe un nombre incalculable de système de bourses, de subventions, et de moyens de palier au défaut inhérent de leur système privée…

    Ainsi le M.I.T a publié gratuitement et publiquement l’ensemble de ces cours, on est bien loin du modèle du tout payant… C’est dans ce sens de rendre le savoir accessible au plus grand nombre qu’il faut aller, et non pas d’un privilège réservé aux plus “méritants” dont on sait bien de qu’il s’agit en France…

  11. Mohamed said

    Salam Alikoum Bader et Malika,

    j’espère que vous vous portez bien. Je ne suis pas un fou d’argent, je dis juste que la seule valeur que comprennent les non musulmans, c’est l’argent. Tu leur apportes cela, ils te comprennent. Mais si tu leur apportes des nouvelles façons de pensée, ils se sentiront agressés… C’est dead, ils vont se fermer. Car c’est malheureusement la seule quantification qu’ils admettent.

    Prenons un exemple, l’un des plus beaux selon moi, par rapport à l’économie, le commerce, la finance et la conversion de milliers de gens. Aujourd’hui, nous savons que les asiatiques (Indonésie, malaysie, pakistan, inde…) sont les musulmans les plus nombreux. Comment se sont-ils convertis à l’islam? Je veux dire par là, comment le message s’est il diffusé avec autant de succès. D’abord, c’était par la volonté de ALLAH, donc MASHAALLAH!

    Les arabes avaient l’habitude de commercer à l’époque de la Jahiliya (antéislam) avec les asiatiques (route de la soie). Les Arabes étaient connus pour être de grands escrocs, sans aucune éthique avec l’unique but de faire du profit. Un vêtement bon marché pouvait être vendu très cher, la qualité était vantée, mais pas au rendez vous!

    Après la révélation divine, les Arabes continuèrent de commercer avec l’orient. Cette fois-ci, ils étaient devenus musulmans et étalaient leurs marchandises de façon inédite. Les arabo-musulmans avaient inventé les étalages de premier choix, avec un prix élevé, de deuxième choix, avec un prix moyen, et de troisième choix, avec un prix faible. La qualité était enfin alignée sur les prix!

    Les asiatiques complètement étonnés du nouveau comportement des arabes, commencèrent à leurs demander d’où venait cette tendance pour un prix juste. Et les arabes ont fait office de commerçants et de prédicateurs. MashaAllah.

    Ce que je voulais souligner, ici, c’est que quoi que l’on fasse, je parle de NOUS musulmans, nous sommes des prédicateurs, même inconsciemment. Une si bonne nouvelle, ça se partage. On doit faire rentrer le plus possible de monde dans l’Islam, même si on parle argent, je ne comprends pas pourquoi c’est tabou d’en parler.

    Je ne suis pas pour la privatisation de l’éducation. Loin de là. Je suis un pur produit de l’école publique et je m’en sors pas si mal. Oui, le système français est l’un des meilleurs à ce niveau. Maintenant, il faut trouver une transition des plus optimales entre l’université et le monde du travail.

    Les gens ont voté pour Sarkozy, faut le laisser faire. C’est ça la démocratie. Tu délègues ton pouvoir à quelqu’un, ici, c’était Sarkozy. Alors faut faire avec, n’en déplaise à certain. Vraiment. Si tu veux critiquer le système… C’est une autre affaire! Comme dirait les Rastas: Fire Babylone! Fire! Fire! Fire!

  12. MamzelMalika said

    Aleykoum salem Mohamed,

    Mère Nature a déjà supporté pire, disons que l’humain qu’elle porte en elle se complait dans sa betise du tout consommateur (ceci pr rebondir sur ta phrase « j espere que vous vous portez bien). D’ailleurs Bader, faut pas en vouloir à Mamzel Malika pour avoir répondu à ta place 😉

    Aie aie aie, que les rastas ne se manifestent pas! On ne les cite jamais pour accréditer une politique libérale, oh que non!

    Du reste, Smith le disait : tout part de l’échange, du commerce. Le plus long verset du Coran évoque les conditions de contraction d’une dette, moyen d’échange par excellence compte tenu de l’actualité bouillante[2/282]

  13. Bader said

    @Mohammed,

    Je reprends ce que tu as dis, et qui à mon sens est symptomatique de toute ta réflexion :
    « Je ne suis pas un fou d’argent, je dis juste que la seule valeur que comprennent les non musulmans, c’est l’argent. Tu leur apportes cela, ils te comprennent. Mais si tu leur apportes des nouvelles façons de pensée, ils se sentiront agressés… C’est dead, ils vont se fermer. »

    Ensuite tu sous entends qu’en devant musulmans les arabes sont devenus honnêtes.

    En fait tu transformes de façon magique l’Islam en doctrine éthique des affaires d’un tour de passe passe des plus révolutionnaires…

    D’une part les non-musulmans n’adorent pas que l’argent, ils peuvent également adorer Dieu, et lui associer d’autres choses à Dieu, ils peuvent adorer des idôles etc. Les faits et le Coran sont là pour le montrer… Et les musulmans avides d’argent sont légions également. Cette dichotomie argent/musulman n’a pas de sens d’ailleurs dans l’Islam.

    En réalité cette opposition entre argent et croyant, c’est une croyance catholique occidentale. Celle qui a finit par assigner le rôle de l’argent aux seuls non-chrétiens tolérés : les juifs. Et on sait ce que l’Occident en a produit…

    D’autre part affirmer que l’Islam suffit pour avoir une bonne conduite d’un point de vue des affaires, mais apparamment dans tous les domaines de la vie, c’est dénier plusieurs réaliés : l’hypocrisie de la foi et le pêché. Ce sont des éléments bien documentés par ailleurs.

    Tu dis d’ailleurs :
    « Je suis un pur produit de l’école publique et je m’en sors pas si mal. »
    Je te dirais, essaye un peu de t’émanciper de cette éducation, je pense que c’est davantage la voie que de faire les louanges d’un Sarkozy.

    Personnellement je ne pense pas que l’argent soit ce qui fait tourner le monde, ni même que l’argent fasse le bonheur, ou même qu’un peu d’argent suffise à faire taire les discriminations. La méritocratie n’est même pas une solution.

    Finalement tu affirmes :
    « Les gens ont voté pour Sarkozy, faut le laisser faire. C’est ça la démocratie. Tu délègues ton pouvoir à quelqu’un, ici, c’était Sarkozy. »

    Si tu définis la démocratie par les éléctions représentatives françaises, alors je ne suis pas pour la démocratie. Encore une fois tu réalises un tour de passe passe incroyable.

    Si tu es pour le laisser-faire alors je ne comprends pas que tu puisses parler ou même débatre de politique. Laisse ça à Sarkozy.

    Pour ma part je pense que le pouvoir n’a aucune légitimé. Seul Allah est légitime dans l’exercice d’un pouvoir total. Le reste est à remettre en cause de façon radicale.

  14. Mohamed, 23 ans, magicien malgré moi said

    Bader,

    rien à rajouter par rapport à ce que tu m’interprêtes. Tu as des définitions différentes des miennes à tout point de vue. C’est pour cela que tu n’es JAMAIS d’accord avec moi. J’ai juste l’impression que tu critiques dans le seul but de critiquer et rien d’autre: tu n’apportes aucune critique constructive. Exemple: je pourrais te parler de gâteau au chocolat, tu me diras que le meilleur gâteau c’est celui à base de cacao… Ce que je te reproche, c’est que tu enfonces des portes déjà ouvertes… L’optimisme en moins.

    Moi, ce que j’ai compris de l’Islam, c’est que c’est une religion, celle agréée par Allah (awj) qui est finalement, plus que ça: a way of life i.e un style de vie. J’ai de la chance, je le vis comme ça, elhamdoulillah. Si j’ai peut-être trop tendance à « islamiser » les choses… c’est tout à fait normal, puisque j’en ai fait MON style de vie. MON STYLE DE VIE. JE vis pleinement l’ISLAM… EN FRANCE. Ca n’a rien de magique… sincèrement…

    Maintenant le débat de fond, qui serait intéressant de mettre en exergue et que tu as souligné, est le suivant: faut-il s’adapter au système OU exiger sa refonte totale? Autrement dit, le fait de s’adapter à un système (non halal), est-il contraire à notre Islamité? Serait-ce hypocrite de chercher à avoir une place importante (presque de leader d’opinion), en tant que musulman, en France? Où faut-il attendre un changement total? Un miracle divin?

    À notre échelle, il est imposible de changer complètement le système. IMPOSSIBLE. Par défaut, l’adaptation est donc la solution la plus cohérente, pour les musulmans de France, à l’heure d’aujourd’hui. L’exemple des soeurs voilées en est le plus flagrant. Elles parlent Français, font des études, réfléchissent, argumentent… et portent le voile. Elles expriment leur Islamité en portant le Voile parce que Dieu leur a demandé de se voiler. Elles s’adaptent, malgré la difficulté, elles s’adaptent. MashAllah.

    ALLAH (awj) nous a créé pour qu’on L’adore, wherever you are!

    Take good care my brother!

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