Il est l’or, il est l’or de se marier !

11 février 2009

Par Mariame

Combien de cartes bleues sont devenues vertes après que leurs propriétaires se soient acquittés d’une obligation qui constitue une des caractéristiques des mariages musulmans (et pas seulement) ? Combien de jeunes hommes ont paniqué dès que le mot « dot » a été prononcé avant leurs épousailles ? Un bon paquet ! Figurez-vous qu’on ne se  marie plus en bénéficiant au préalable d’un présent offert par son bien aimé en témoignage de l’amour et de l’estime qu’il nous porte.  Maintenant, on négocie et on signe des accords à faire pâlir ceux de Bretton Woods !

Qu’est-ce qu’ une dot? Sans entrer dans les détails, la dot est un droit dont bénéficie la femme musulmane lorsque son contrat de mariage est conclu. Tout mari doit verser une dot à son épouse, à moins que celle-ci y renonce de son plein gré. Aucun montant minimum ou maximum n’est défini, la dot étant fonction de la situation financière de l’époux, du lieu dans lequel il vit et de l’époque. Néanmoins, de plus en plus d’hommes, et notamment les plus jeunes, sont confrontés à des demandes démesurées de la part de leur future épouse ou pire encore, de leurs beaux-parents. Certains contractent même des crédits pour être en mesure de supporter les coûts du mariage (dot, cérémonie, etc.). La dot élevée, à l’origine de bien des problèmes tant dans les familles qu’à l’échelle sociétale n’est pas le propre de la société indienne.

Dans certains salons musulmans, c’est une des scènes de la Folie des grandeurs qui se joue, celle des pièces d’or de Don Salluste. Attention: un euro, c’est un euro. Et quelque soit la catégorie sociale,  on négocie!

Vous l’aurez compris, il s’agit là d’un véritable problème. Pourtant, nous avons beaucoup d’exemples parmi les illustres femmes et hommes qui ont fait la gloire de l’islam. Prenons Oum Salim fille de Malhan, la mère d’Anas fils de Malik. C’est une femme qui avant de se remarier demanda comme seule dot à son futur conjoint Abou Talha, homme pourtant riche, sa conversion à l’Islam. La foi, la piété, appelez ça comme vous voulez. En tout cas, cette anecdote est à mon sens pleine d’enseignement.

En résumé, on peut demander ce que l’on veut comme dot (même une chèvre… ou une biche?) à condition de rester dans les limites du raisonnable et surtout du réalisable pour celui qui doit s’en acquitter. Se marier, c’est démarrer une nouvelle vie, partir sur de nouvelles bases. Mais si pour commencer on décide de déplumer le poulet, il faut craindre certaines répercussions, même sur le long terme. La rancune… personne n’en ai exempt !

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9 Réponses to “Il est l’or, il est l’or de se marier !”

  1. NEB said

    Salam,

    Et oui, tout est bon – non pas dans la cochon (comme le dit si bien cette fameuse maxime à laquelle nous n’adhérons pas, au grand dam de la beauferie made in TF1&co) – oui tout est bon, pour détourner les enseignements véritables de notre Religion. Ainsi, le veau d’or, autrefois adoré semble-t-il, est toujours bien présent à l’esprit de nombre d’entre nous… La dot dont il est question ici et les mariages fastes et décalés (dépeints par Clochette) en sont des exemples gros comme le caillou précieux sur la bagouze! Après tout, pourquoi pas… Le problème, au fond, n’est pas vraiment sur le montant de la soit-disant dot ou encore le pseudo-luxe (en vérité, bien souvent le summum du kitsch) de ces mariages. Non, le problème majeur est que ces pratiques se voudraient être justifiées par l’Islam. Et c’est là que le bât blesse… Comment justifier l’injustifiable? Les crédits à la con(sommation), les com(bats) sur le ring entre famille et belle-famille, les com(plots) et les médisances qui s’ensuivent, les prétextes multiples pour taper sur le jeune homme coupable de radinerie notoire (toutes les amies de la future mariée le lui confirment, déjà à l’école il partageait pas ses granola cet ignoble personnage… c’est pour dire!) et sur la jeune femme coupable de matérialisme forcément excessif (attends, elle veut le beur et l’argent du beur… abusé hein!). Bref, on ne s’en sort pas! Ah, l’éducation et la réflexion, le discernement… Si seulement cela pouvait être une dot pour ceux et celles qui s’éloignent du « juste milieu » et de ce que la voilée libérale appelle fort justement, les limites du raisonnable?

  2. fatihette said

    Moi je demanderai un voyage d’un mois comme dot, bien sûr on le fera a deux ce voyage! C’est une dot partagé on va dire!!!

  3. Sara said

    J’aime bien le commentaire de NEB lol !

    Sinon, pour en revenir au sujet, je nme reconnais pas trop dans cette description: inchaAllah, je pense que la seule chose que je demanderai à mon mari (encore faut il le trouver!) c’est un Coran.
    Que demander de mieux pour commencer une nouvelle vie ?
    Mais c’est vrai que ce post décrit une bien triste réalité… Bisous à toutes !

  4. Hayet Jones said

    Oh des donuts …

    les mâles en mal de tunes ne veulent plus se marier à cause des donuts!!
    alors que les femmes sont boulimiques (c’est bien connu..)

    conséquences de la crise des donuts :
    – une augmentation du pourcentage de jeunes filles musulmanes célibataires trentenaire qui conduit irrémédiablement à une consommation accrue de crèmes de jouvence cosmétiques (pour rester jaune ;)..). j’suis verte!
    – une diminution du taux de natalité musulman
    – une augmentation du pourcentage de dépression féminine et de dépression de soi

    et oui, l’abeille est en voie de disparition et laisse place au bourdon…
    pas de fumée sans feu..

    à bon entendeur

    j’ai une solution quand même :
    – diminuer le nombre de femmes veinales (non pas par un attentat à la bombe.. lol) mais par une pression « propagandesque » : l’argent ne fait pas le beur, l’amour fait le bonheur

  5. Jihane said

    Salam,

    Bravo pour ton commentaire NEB, triste réalité mais dit avec beaucoup d’humour!!!

    Sur la question que tu abordes chère voilée libérale, c’est plutôt une question d’éducation des parents à la future mariée, si ils l’ont élevée dans l’optique que le mariage était tout sauf une question de fric, et ben elle aura déjà les outils pour analyser qu’elle même ne doit pas demander des sommes astronomiques à son futur époux.
    Ceci dit, il y a des belles familles, surtout les parents de la future mariée qui se disent pratiquants et demandent au pauvre prétendant tout juste entré dans le monde du travail des sommes voire des cadeaux d’une valeur astronomique, sans compter le mariage qui se doit, d’être grandiose,bref un m’as-tu-vu grotesque. Où est la religion dans tout cela? Comment bien commencer dans la vie, si dès le début le mariage a été régi par des règles de fric? Sans compter, que certains garçons vont jusqu’à faire des crédits pour pouvoir se marier tellement la belle famille éxagère!
    Peut-on m’expliquer où est la cohérence? On se marie pour réaliser la moitié de la religion, une sunna très importante, et de l’autre côté on s’accable de crédits et a fortiori d’interêts que Dieu a interdit.

    Je suis célibataire et je me dis que ce que je demanderais comme dot à mon époux c’est un Coran, le plus beau des cadeaux, après libre à lui de m’offrir ce qu’il veut( un gros diamant loool, nan je plaisante).
    En somme, quand on aime quelqu’un avoir son amour c’est déjà beaucoup et je vois pas du tout pourquoi le fric deviendrait tout d’un coup maître des règles du mariage.
    La tradition est pour beaucoup dans les choses qui pourissent la vie des individus, et la vénalité de certaines.
    Vous avez de la chance aujourd’hui les garçons, je prends votre défense!!! mdr

    Salam à tous

  6. imane said

    Assalamou alaykoum
    L’islam est la religion du juste milieu. Entre ceux (et celles) qui clament « point de dot!!! » et les partisans « du plumage de pigeon;) »je dis qu’il faut être raisonnable et s’adapter à la situation du prétendant.
    Si l’homme est millionnaire, rien n’empêche de demander une bonne part du gâteau :), si c’est un miskine, eh bien Allah ghaleb.
    Il faut éviter de tomber dans les travers des pays du Moyen Orient (dont l’Arabie Saoudite) où le nombre de femmes non mariées augmente dangereusement au point que le gouvernement saoudien a du légiférer contre le mariage avec les étrangères.
    Les gens oublient leur religion et les recommandations de notre bien aimé prophète et provoquent ce faisant leur propre malheur.
    Allah yahdina. Amine

  7. Mohamed said

    Le truc, c’est qu’il ne faut pas que les femmes demandent une dot trop importante. parce que si une femme veut divorcer (souhait de la femme et non de l’homme), et bien elle devra rendre sa dot!

    Alors réfléchissez bien à deux fois, avant de parler en tonne d’or.

    Conseil avisé d’un frère prêt à payer jusqu’à 1000 euros, sans compter les bijoux, le khalkhal, la garde robe haut de gamme et le sourire FREEDENT qui va avec. Raisonnable non?

    Peace!

  8. MamzelMalika said

    Salam,

    @ Mohamed : MDR !

    ps : la dot ne sera exclusivement rendue en cas de divorce que si le mariage n’a pas été consommé. Faut pas rever non plus.

    Montez les enchères ! 😉

  9. Mohamed said

    Salam MamzelMalika,

    Monte les enchères!!! T’as raison!!! If you worth it!

    ps: je parlais du cas où la femme voulait elle même divorcer, malgré le refus du mari. Ce sont des cas qui existent! Et qui peuvent faire mal! Je l’ai vu de mes propres yeux.

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