Bonaparte et l’Egypte

10 février 2009

Par Khadija

Bonaparte, l’Egypte, deux noms lourds de sens, chargés d’histoire. D’une part un personnage charismatique et fantasque, d’autre part le berceau des civilisations.

L’Institut du Monde Arabe retrace un siècle d’échanges à la fois politiques, économiques et artistiques entre la France et l’Egypte, raconté en 341 oeuvres provenant des musées Egyptiens ou Français.

Un parcours chronologique qui raconte: la campagne d’Egypte menée par Napoléon et dirigée par de fins stratèges,  une épopée scientifique aux répercussions fulgurantes avec notamment la naissance de l’égyptologie (merci la pierre de Rosette) et enfin l’affirmation de la nation égyptienne.

Pour ce qui est de l’exposition elle-même, je ne vais pas m’attarder sur une présentation exhaustive de celle-ci. Pourquoi? Eh bien, primo, à vous de vous y rendre, et par la même occasion profitez de la librairie ou de la bibliothèque; secundo j’ai envie de vous faire part de ce qui m’a marquée, ce que j’ai retenu de cette exposition en dehors des pièces et des toiles. Et si c’est une critique que vous souhaitez vraiment, je vous renvoie aux sites spécialisés dans le domaine de la culture.

J’ai tout d’abord été frappée par l’exotisme de cette exposition, à en ressusciter Edward Saïd, auteur de l’excellent L’Orientalisme, un livre que je ne saurais que trop vous recommander. Le sujet y est d’ailleurs abordé à travers une vidéo, non sans prénotions, quant à l’illusion occidentale d’un Orient exotique, sensuel, lointain. On y parlait volupté par opposition à un Occident industrialisé, froid et hostile. Le film était ponctué de toiles représentants des harems et des scènes de femmes bien en chair dans un hammam ou encore dans des bains turcs. D’ailleurs, toutes les toiles, ou presque, représentaient les égyptiennes poitrines nues même dans les scènes épiques à croire que l’Egypte toute entière était un hammam! En fait, c’est cet imaginaire exotique exalté par les plus grands artistes que l’on a voulu exporter et présenter en Occident et qui perdure aujourd’hui. Le voile faisant aussi partie de ces objets de convoitise qui ont longtemps alimenté le mythe d’un Orient onirique.

En outre, Mehmet Ali a également retenu toute mon attention. A 36 ans, cet illettré au service de l’armée Ottomane, réussit à prendre le pouvoir et à devenir vice-roi d’Egypte. C’est lui qui impulsa la modernisation de l’Egypte en faisant appel notamment aux saint-simoniens exilés en Egypte, polytechniciens de formation, à qui il confia le grand projet du barrage du Nil ou encore le percement de l’isthme de Suez. Perçu comme l’artisan de la modernisation mais aussi comme un véritable despote, je retiendrais de cet homme bedonnant le profil type du personnage machiavélique qui a su inscrire son nom dans l’histoire, et comme je suis une fan de Nicolas

C’est tout pour l’expo. Pour celles que cela intéresse, remettez vos courses du samedi après-midi à un autre jour et profitez du week-end prochain! Vous avez le temps tout de même, c’est jusqu’au 29 mars 2009.

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9 Réponses to “Bonaparte et l’Egypte”

  1. Maytika said

    Salam aleykoum,

    Merci Clochette pour ce topo, l’histoire de l’Egypte m’a toujours facinée, en dépit de l’image qu’on lui colle [harem, hammam,…].

    Par contre j’ai du mal à apprécier l’oeuvre d’un orientaliste (ces spécialistes occidentaux qui analysent l’orient au moyen d’une grille de lecture quelque fois trop biaisée car emprunte par la culture occidentale).

    Du reste, je reste sous le charme de l’orient ancienne.

    Merci encore

    Bises

  2. Soumia said

    Salam Clochette

    Vous avez du pot à Paname pour la culture et niveau spectacle vous êtes servis!
    Je dis pas qu’en province c’est le désert culturel mais le choix y est restreint et les prix pas toujours très accessible dès qu’il s’agit d’y aller en famille.
    bizzzzzzzz

  3. Merci Clochette, je serais bien allée voir cette expo mais malheureusement, je ne vis pas à Paris, ni même en France d’ailleurs…
    Merci pour les explications en tout cas. Il faut que j’arrive à lire « l’Orientalisme » d’Edouard Saïd, ce sujet m’intéresse particulièrement (cf. mon blog)…

  4. NEB said

    Salam,

    Difficile de retracer l’Histoire… L’Occident la retrace à sa manière en occultant des pans entiers pourtant indispensables à une lecture saine du Passé. A ce titre, cela m’a toujours étonné cette vision de l’Orient « orientalisé » que tu évoques, inculquée à des générations entières, nous y compris en tant que produits de l’école dite « républicaine ».
    Plus étonnant encore, cette fascination pour l’Egypte des pharaons à tel point qu’à écouter ces spécialistes de l’Egypte ancienne, on croirait que « Tonton Kamoun » est encore au pouvoir du côté du Caire…
    J’ose à peine évoquer la façon très « élégante » et bien connue (mais rarement rappelée), dont les musées occidentaux ont remplis leurs collections sur l’Egypte…
    Ceci étant dit, je conçois bien entendu les multiples intérêts de cette exposition, que j’espère pouvoir jauger de moi-même. Je voulais juste pointer du doigt quelques aspects connexes…

  5. Maytika said

    Pour NEB:

    Qu’entends tu par l’Orient « orientalisé »?

    Par ailleurs, il n’est rien d’étonnant dans la « fascination » qu’il peut y avoir pour une civilisation. Le cas contraire reviendrait à banaliser des parties de l’Histoire ô combien riches d’enseignement. Plus particulièrement, l’Histoire de l’Egypte ancienne, il faut l’admettre regorge de richesses et de secrets non encore percés, tant dans l’art , les sciences, les systèmes de gouvernance, les hommes qui gouvernaient (et là je pense fortement à Akhenaton-premier roi d’Egypte monothéiste au 14eme siècle…de avant l’ère chrétienne…).

    Enfin, bien évidemment Touthankamon n’est plus, à présent la lâcheté avide règne.

  6. NEB said

    Pour Maytika:

    J’entends par là ce qui a été décrit dans cet article comme « l’illusion occidentale d’un Orient exotique, sensuel, lointain ».

    En ce qui concerne la fascination pour une civilisation, je ne m’y oppose pas (dans le cas contraire de toute façon, je n’aurais que peu de poids!) en tant que telle. Simplement, cette fascination s’exerce en – je te cite – banalisant des parties de l’Histoire ô combien riches d’enseignement. C’est un peu comme ces tours-opérateurs qui organisent de grands périples en Indonésie sans ne serait-ce qu’évoquer le fait qu’il s’agisse du premier pays dit musulman au monde.

    Bien entendu, il va sans dire qu’à l’heure actuelle, du côté du Caire, dans le genre ignominie au pouvoir on peut difficilement faire pire… Mais c’est un autre débat, n’est-ce pas?

  7. Maytika said

    Pour NEB :

    Merci pour ta réponse.

    Pour Moubarak, il peut toujours exister « plus pire que pire », espérons simplement que ça ne se produira pas inshaAllah.

    Effectivement il s’agit d’un autre débât, ne lui faisons pas honneur en l’évoquant il n’en vaut guère la peine !

  8. imane said

    Assalamou alykoum

    « à croire que l’Egypte toute entière était un hammam! »
    🙂 🙂 🙂
    Barak’Allhou fiki, tu m’as bien fait rire 🙂
    Mais bien sûr que les Fatma ne sont bonnes qu’à faire les boniches et à servir les fantasmes
    du mâle blanc !!!
    sinon pourquoi valoriseraient-ils les « ni….ni… » et tireraient-ils sur les voilées à boulets rouge ?
    Pour en revenir à l’expo, j’irai inchallah dès que je le pourrai. Une petite question cependant :Est ce que c’est visible pour les yeux chastes des enfants ?
    Si oui, à partir de quel âge ?
    Barak’Allahou fiki

  9. Maytika said

    Les enfants ont beaucoup d’imagination. Mieux vaut éviter de leur polluer la vue et le cerveau, ils sont à mille lieux de comprendre l’art.

    Une fois j’avais un dictionnaire dans la main (il s’est perdu entre mes mains) , je l’ai ouvert et je suis tombée sur la définition de « fatma ». C’était un hachette. fatma veut dire femme musulmane pfff

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