Des femmes d’aujourd’hui, des femmes qui se dévoilent…

29 janvier 2009

Par Mariame

Une question me turlupine. Pourquoi certaines femmes françaises d’origine maghrébine, qui veulent dénoncer le machisme, le sexisme et tout ce qui cause du tort aux femmes en général le font en stigmatisant essentiellement les hommes qui sont de la même origine qu’elles ? En réalité, j’ai ma petite idée sur la question, mais j’aimerais avoir vos réponses à vous. 

Tout le monde connaît Rachida Khalil, comédienne d’origine marocaine issue d’un milieu populaire. Petite protégée de Guy Bedos, on lui doit notamment la réintroduction du personnage de la Fatna dans l’imaginaire collectif français. Défenderesse des femmes « orientales » opprimées du fait de sa propre condition de femme « orientale » anciennement soumise, elle est à l’origine d’un spectacle mettant en scène un défilé de mode de « tchadors » comprenant des modèles assez divers :  un tissu imprimé « poids chiche », un tissu avec de la dentelle (pour les nuits de noces… grrr), un autre taillé dans un drapeau américain. Vous l’aurez compris, c’est une femme libre, qui défend les femmes arabo-musulmanes sans tomber dans les clichés ! D’ailleurs, elle participe assez souvent aux galas de SOS racisme, autre phare qui vient avec sa lumière éclairer les ténèbres que constituent les banlieues françaises.

Et Sofia Essaïdi? C’est une jeune chanteuse, issue d’un milieu bourgeois marocain, qui a fait ses débuts à la Star Academy. Elle dénonce elle aussi l’opression des femmes maghrébines, les tabous, le qu’en-dira-t-on, le voile, la frustration des hommes qui peuplent l’autre côté de la Méditerranée… le tout à travers des textes et des clips très suggestifs (cf. Mon Cabaret).  

Pointer du doigt le patriarcat, le machisme, le sexisme, soit! Ils sont universels, et on les retrouve dans toutes les cultures et toutes les classes sociales. Mais stigmatiser une population sous prétexte qu’on a été la victime d’un mariage forcé ce qui est le cas de Rachida Khalil, c’est pousser mémé dans les orties! On ne fait pas de son cas une généralité, au risque de passer pour la misérable de service, qui sert une cause hautement politique, et qui au final en tirera des bénéfices. Et que dire de Sofia Essaidi? Elle a joué le rôle d’une beurette banlieusarde prénommée Aïcha dans un téléfilm de Yamina Benguigui. Une expérience sûrement très intéressante et insolite pour jeune fille issue d’un milieu aisé et qui n’a jamais vécu en cité de banlieue. Autre chose, pourquoi affirmer être une femme qui se dévoile, dont le corps n’est pas soumis quand on a grandi dans une ville aussi libérale que Casablanca tout en faisant partie de sa jeunesse dorée?

Bien entendu, leurs origines n’impliquent en aucun cas de la « fidélité » envers la religion de leurs ancêtres ou leur arabité (ou berbérité), que non! Elles n’ont de comptes à rendre à personne. Toutes les injustices sont bonnes à dénoncer, surtout si elles nous sont proches. Il faut juste le faire avec honnêteté et intelligence. Autrement, on s’abstient, et on ne fait pas sa Fadela !  

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10 Réponses to “Des femmes d’aujourd’hui, des femmes qui se dévoilent…”

  1. fotspår said

    Bonsoir.

    Vos remarques concernant Rachida Khalil sont nettes et sans bavure,d’ailleurs ses spectacles dénotent fortement d’une affligeance et d’une insipidité consternante.

    Toutefois, dans sa démarche, je n’y vois rien de bien méchant ou de grande envergure ,juste une énième exploitation ,vulgaire qui plus est, d’un filon qui rapporte gros ,celui du « bon beur drôle ».

    Un filon, cette fois ci,remixé version ex femme bafouée ,accent fort prononcé et quête perpétuelle de revanche sur la vie ,tout prônant a tord et a travers la déchéance relative et l’affreux sexisme du monde musulman.

    A croire que c’est dans le relookage des afghanes ou résiderait la panacée de tous les maux de ce monde.Betises infantiles.

    Passons maintenant a cette transfuge de Sofia, »issue d’un milieu bourgeois marocain » et, sans doute, cloîtrée durant ses années casablancaise dans sa vie de fille de riche avec cuillère d’or flanquée dans la bouche…D’autant plus qu’elle n’a fréquenté ni banc publics ni le « peuple » proprement dit,mais plutôt fait ses classes dans des écoles française ou se côtoient uniquement fils de nantis et autres privilégiés,elle n’a certainement pas plus de légitimité a parler de femme opprimée.

    Bien que le fait de comparer Casablanca et cité de banlieue, est un tant soi peu tiré par les cheveux. La différence de vie est palpable même pour les plus chanceux. Enfin c’est une toute autre histoire.

    En résumé,je suis d’accord entièrement sur les différents points que vous avez traités,beaucoup moins concernant la phrase « Une ville aussi libérale que Casablanca » ,ayant de bonnes et légitimes raisons pour penser ainsi.

    Je finirais par vous remercier pour la pertinence de vos articles.
    (Je suis tombé presque par pur hasard sur votre blog en tapant le mot haram dans un moteur de recherche)
    Bonne suite.

    • la voilée libérale said

      fotspar,

      tout d’abord, je vous souhaite la bienvenue!

      Concernant votre remarque
      « En résumé, je suis d’accord entièrement sur les différents points que vous avez traités,beaucoup moins concernant la phrase “Une ville aussi libérale que Casablanca” ,ayant de bonnes et légitimes raisons pour penser ainsi »

      j’aurai dû dire « une ville dont certains quartiers sont très libéraux » (pas au sens économique, ni politique… quoique?) ou plutôt libérés car je parle notamment des moeurs.

      Amine,

      mdr pour l’épicier et le ‘assas 😀
      Et totalement d’accord avec ce que tu dis dans ton dernier paragraphe. Leurs prénoms sont aussi très typés!

      Zgougou,

      dis toi que j’ai écrit ce billet en pensant à toi 😉

  2. Amine said

    En lisant ton premier paragraphe, bizarrement, j’ai pensé immédiatement à une association : « Ni Putes Ni Soumises » dont l’ancienne leader n’est autre que notre bien aimée Fadela Amara à qui il ne faut pas reprocher d’être au gouvernement… Bah oui, moi aussi si j’avais un CAP restauration et qu’on me proposait son taff, j’dirais pas nan ! ). « Ni putes, ni soumises » ou « comment ethniciser et « ghettoiser » la question du sexisme et des violences faites aux femmes. C’est plus facile de taper sur les pauvres, surtout d’origine immigrée que de voir la réalité en face mais bon…

    Rachi Khalil, elle, me fait bien rire ! Invitée sur le plateau d’Yves Calvi (on la voit rarement ailleurs…), elle n’a rien trouvé d’autre à dire, sur un ton proche de celui d’une cliente indignée à la caisse d’un magasin de vêtements que l’Islam est une « religion hard quoi ! » dans laquelle « la femme est inexistante ». Bon, j’encourage Rachida Khalil et toute personne ayant le même back ground ethnico religieux à relire tout ce qui, honnêtement, montre la grandeur de notre religion mais aussi tout ce qui fait référence à la femme. Rachida, faut pas mélanger les produits de la culture arabe, maghrébine, méditerranéenne et la religion : les deux n’ont rien à voir. Et surtout, si tu veux lutter, commence à te débarasser des généralités, là ça ressemble trop à du Loubna Méliane ou Caroline Fourest, ou les deux !

    Quant à Sofia… J’ai qu’un seul mot à dire : casaouia ! C’est le genre de marocaine issue de la haute bourgeoisie de Casa, celle qui se croit plus française que le français né en France de parents d’origine immigrée, mais surtout celle qui n’a, à mon avis, connu le sexisme qu’à travers les yeux de son épicier ou du ahsass qui devait garder sa voiture pour 3 Dirahms de l’heure… Je ne vois pas ce qu’elle a du connaître côté patriarcat : on l’a laisse faire ses clips sexy, se pavaner en lingerie sur des plateaux, faire des grands écarts et j’en passe… Après, ce qu’elle joue comme rôle, à la limite, je dirais que le propre d’un acteur est de jouer tout, en particulier ce qui ne lui ressemble pas, ce qui est tout à son honneur. Pierre Richard est né dans un milieu bourge, il a bien joué des pauvres au cinéma, et avec talent d’ailleurs.

    Je préfère laisser ces gens gérer leur relation à la Religion, tout en vivant la mienne sans rendre de comptes à personne et sans laisser quiconque s’approprier un pseudo rôle d’intermédiaire. Le problème, c’est que ce genre de nana, parce qu’arabes, parce que musulmanes, on leur donne le droit d’en dire plus que celles qui ne le sont pas et parce que l’on sait que ça fera moins de vagues. Je trouve ça quand même très naze de trier les combats, quand on dénonce le racisme, c’est très nul de n’en dénoncer qu’un seul, sans parler du racisme avec un grand « R ». Quand on dénonce l’intégrisme, c’est naze de focaliser sur l’Islam, comme si nous, musulmans, nous avion le monopole des oufs au sein de notre communauté. C’est clair que, les viols qu’a subi Samira Bellil ou les autres agressions subies en banlieue doivent être dénoncés mais sans pour autant tomber dans la caricature ! Même Samira Bellil n’a pas pri les raccourcis de ses « amies » de Ni pute Ni soumises qui ont laissé prétendre que pour être respectée en cité, faut pas se frotter aux arabes/musulmans.

    Enfin, le truc qui me fait bien rire j’dois l’avouer, c’est que la plupart des personnes qui l’ouvrent pour dire que de la merde au final (pardon pour mon langage un peu cru…), ce sont les personnes les plus typées, celles qui jouent un peu le rôle de traîtresses et qui, bizarrement, isolent encore plus leur combat parce qu’au final, on se dit « Bah merde alors ! Ces arabes ! Même pas capable d’être une communauté unie et solidaire, ça se tire dessus en permanence ». Donc merci !

  3. Zgougou said

    salaam lalla

    une seul et même objectif : se faire des thunes.
    J’ai une amie qui travaille dans une grande maison d’édition française et elle est claire sur une chose : les bouquins qui se situent toujours au top des ventes restent incontestablement la série des femmes arabes « violées/voilées », « trucidées/brûlées », etc. Et ce depuis des années.

    Ce qui est marrant, c’est que ces bouquins sont rarement (pour ne pas dire jamais) écrits par les intéressées elles-mêmes. Elles sont toujours « assistées » (et le terme n’est pas anodin) par des nègres « blancs » (excusez l’oxymore…) sortis de nulle part et qui se « battent » pour faire entendre la voix de leur protégée, longtemps étouffée. Bref, tout le scénario est là…et il rapporte beaucoup.

    Zgougou

  4. may said

    negre « blanc »?javoue ke g pa bien saisi.et pkoi utiliser ce mot à consonnance aussi péjorative?
    cela dit,suis assé d’accord sur le fond.
    zgougou,voulez vous m’éclairer?

  5. NEB said

    Salam,

    En dehors du fait qu’il n’est jamais agréable de voir des personnes se vautrer dans la pornographie « légalisée » ou l’attaque mensongère de la religion, les agissements de ces « femmes d’aujourd’hui qui se dévoilent » et qui en appellent à la libéralisation – au libéralisme même – de leurs corps (en ce sens, elles sont on ne peut plus logique par rapport au libéralisme : elles se vendent, corps et/ou âme, au plus offrant), leurs agissements donc ne représentent pas grand chose : « Les oeuvres de ceux qui nient leur Seigneur sont semblables à de la cendre sur laquelle s’acharne le vent, en un jour d’orage. Ainsi, les négateurs ne tireront aucun profit, dans l’au-delà, des oeuvres qu’ils auront accomplies. Et c’est là le profond égarement ! » (s.14, v.18).

    Non, ce qui est le plus triste à vrai dire, c’est qu’elles poussent le vice encore plus loin… Lorsque leurs maîtres (maisons de disques, producteurs etc) leur demandent de venir nous parler de la religion, pour égarer encore un peu plus notre jeunesse qui se débrouille malheureusement déjà très bien elle-même, ces gentils toutous que sont Rachida et Sofia obéissent illico pour nous servir un « dars » des plus calamiteux… Ah, elle est belle la France! 😉

  6. Zgougou said

    A may,

    un « nègre » littéraire (on parle aussi de teinturier), si vous jetez un oeil dans le dictionnaire, c’est une personne qui écrit des textes à la place d’une autre. Par exemple, Erik Orsenna était le « nègre » de François Mitterrand, puisqu’il lui écrivait ses discours.

    J’espère que c’est plus clair 🙂

    Aucune connotation péjorative donc 🙂

  7. may said

    merci zgougou!
    là c plus clair.j’avais compris le sens propre.
    merci d’avoir enrichi mon vocabulaire .
    salam

  8. bibish said

    sofia Essaïdi ???????????? mais vraiment !!!
    vous n’avez rien trouvé d’autre comme exemple …
    elle est loin MAIS trèèèèèèèèèèèès loin de la femme modèle …
    pourtant, il y en a dans notre société des femmes qui savent se faire respectée …
    et c’est pas en vendant notre corps qu’on défend la cause féminine … oooooookkkkk

  9. Soumia said

    Salam à tous,

    de toute facon c’est bien connu que quand tu l’ouvres pour aller dans leur sens, y pas de soucis on en fera un best seller, on t’accueillera les bras ouverts car tu dis enfin oui à la modernité!lol
    Mais si c’est pour dire que toi et tes convictions vous avez aussi droit au respect sans être taxée de pencher vers le proselytisme, et bien on t’ignorera purement et simplement.Evidemment quoi de plus ennuyeux qu’une musulmane ou autre bien dans sa life et qui n’a jamais été menacée de mort parcequ’elle n’a pas fait à manger à son mari.
    Il est clair ,comme tu l’as déjà fait remarqué, qu’il faut dénoncer les situations difficiles et injustitfiées que vivent certaines personnes, mais faire un casting en prennant des perdues y a des limites…

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