Sommes-nous des enfants exemplaires ?

19 janvier 2009

Par Khadija

 Notre culture occidentale nous pousse bien souvent à avoir une attitude incorrecte envers nos parents, bien qu’étant conscientes de l’obéissance qui leur est dûe et du respect à avoir à leur égard. Quand je dis incorrect, je parle des sautes d’humeur, des portes qui claquent… sachant qu’un simple geignement est considéré comme une offense.

Le Prophète (ص) a à maintes reprises insisté sur le caractère primordial et indéfectible de l’obéissance aux parents. A la question « lequel de mes deux parents dois je respecter le plus, mon père ou ma mère? », le Prophète (ص) répondit « ta mère, ta mère, ta mère puis ton père ». Ainsi, l’accent a été mis d’emblée sur le statut de la mère qui, je vous le rappelle, détient les clés du Paradis (sous ses pieds pour être plus précise).

L’obéissance aux parents ne s’arrête pas à la majorité ou encore au moment de quitter le foyer familial (mariage,études…). En effet, en Occident on prône plutôt l’indépendance vis à vis des parents, ce qui se traduit en général par un refus de les consulter lors de la prise de décision, sous prétexte qu’ils n’ont plus à avoir de droit de regard arriver à un certain âge. Ainsi, l’on reproduit aisément ce schéma même si l’on reste conscients du fait que cet état d’esprit est à proscrire.

Les affiches publicitaires mettant en scène une personne âgée seule et qui a besoin de compagnie est  symptomatique de l’invidualisme ambiant qui tend à se développer de plus en plus et qui touche même les pays dits musulmans. En effet, de plus en plus de maisons de retraite sont créées afin d’accueillir ces femmes et ces hommes délaissés par leur propre famille. Ceux que l’on considérait comme des sages hier sont devenus des fardeaux.

Cependant, il arrive que le point de vue des parents peut contrevenir à certains principes de l’Islam. Cela touche tout ce qui a trait à la pratique religieuse: dans ce cas, il est permis de refuser de se soumettre à ses parents. L’exemple de la jeune fille qui souhaite porter le voile contre l’avis de ses parents est très fréquent chez les musulmanes. Face à un dilemme d’une telle envergure, la jeune fille se voit souvent subir le courroux de ses parents avec impuissance et patience de peur de les blesser.

Le mariage peut aussi être source de conflit. Les parents sont parfois amenés à  refuser le choix du conjoint de leur enfant et ainsi s’opposer à une union qu’ils considèrent impropre. C’est une situation on ne peut plus délicate, surtout lorsque les arguments avancés par les parents sont injustifiés au regard des préceptes de l’Islam. La patience et le dialogue sont alors de mise, surtout quand ‘il est question de mariage mixte.

L’obéissance aux parents est capitale même si il peut être difficile de s’y soumettre. Le respect des parents, et par extension des aînés, permet d’instaurer un certain équilibre qui est primordial au sein d’une communauté. Gardons en tête le fait que nous serons ou que nous sommes déjà parent, et que l’offense, même la plus infime, comme le « non » d’un petit enfant ou encore le « j’en ai assez » d’un adolescent peut s’avérer être aussi blessante qu’une giffle en pleine figure.

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4 Réponses to “Sommes-nous des enfants exemplaires ?”

  1. Maytika said

    • Chapitre 17 – versets 23 et 24: «Ton Seigneur en a décidé ainsi: que vous n’adoriez que Lui et de traiter les deux géniteurs avec bienveillance. Si l’un d’eux ou tous deux atteignent chez toi la vieillesse, ne leur dis pas «ouf», ne leur réponds pas avec brutalité et tiens-leur un langage généreux. Baisse pour eux l’aile de l’humilité par miséricorde et dis: «Seigneur! Aie-les en Ta clémence comme ils m’ont élevé enfant».

    • Chapitre 31 – verset 14: «Nous avons recommandé à l’homme ses deux géniteurs. Sa mère l’a porté en allant d’affaiblissement en affaiblissement. Son sevrage se fait au bout de deux ans. Rends grâce à Moi et à tes géniteurs!»

    • ‘Abdullàh Ibn Mas’ùd (radia Allahou ‘anhou) a dit: «J’ai demandé au Prophète : «Quelle est l’œuvre la plus aimée de Dieu exalté?» Il dit: «La prière à son heure». Je dis: «Et puis? Il dit: «La piété filiale». Je dis: «Et puis? «Il dit: «Le combat au service de Dieu».

  2. Maytika said

    Salam aleykoum,

    La mère triplement honorée par la tradition :

    -Avant d’être mère, elle est une femme pieuse. Voyons un peu ce que nous dit la tradition prophétique au sujet des femmes pieuses :
    • Selon ‘Abdullàh Ibn ‘Amr Ibn Al ‘As (radia Allahou ‘anhou), le Messager de Dieu (salla Allahou ‘alayhi wa sallam) a dit: «Ce bas-monde est une jouissance (passagère) et sa meilleure jouissance est la femme vertueuse». (Rapporté par Moslem).

    -Elle devint ensuite une épouse très patiente tout en restant pieuse. Que nous enseigne l’Islam sur l’épouse pieuse :
    • «Les hommes ont la charge et la direction des femmes vu les avantages que Dieu a accordés aux uns de préférence aux autres et vu ce qu’ils ont dépensé de leur argent. Les vertueuses sont pleines de crainte pieuse et sauvegardent le dépôt (de leur mari en son absence) par la sauvegarde de Dieu». (4/34)

    • Selon Abou Hourayra (radia Allahou ‘anhou), le Messager de Dieu (salla Allahou ‘alayhi wa sallam) a dit: «Le Croyant qui a la foi la plus parfaite est celui qui a le meilleur caractère. Les meilleurs d’entre vous sont les meilleurs avec leurs femmes». (Rapporté par Attirmidhi)

    • Un hadith rapporté par Al Bayhaqi : Quatre choses font partie du bonheur (ce qui est recherché par tous) : une femme vertueuse (zawjatoun saliha), un habitat spatieux (maskanou wassi’), un bon moyen de transport (markabou hani), un bon voisin (jarou salih)

    Et enfin, une mère à qui l’on doit respect et une très grande estime

  3. Maytika said

    Merci pour l’article Clochette 🙂

  4. NEB said

    Salam,

    Concernant le respect et l’obéissance envers les parents, les versets et hadiths sont effectivement nombreux et doivent nous inviter à nous comporter en conséquence, mais également nous pousser à réfléchir. Pourquoi ce statut si particulier des parents, dont la place se situe dans le Coran, juste après l’obéissance à notre Créateur? Et il est vrai que même en cas de désaccord lié à la religion, le musulman ne doit pas manquer de respect envers ses parents comme le souligne Clochette… Sans oublier que les devoirs envers les parents ne s’arrêtent ni à la majorité, ni même à la mort de ceux-ci!
    Ce post évoque également la différence entre la théorie et la pratique. Cette triste constatation existe dans d’autres aspects de notre vie quotidienne. Alors comment expliquer cet écart, parfois un véritable gouffre même, entre ce que l’on connaît (et que l’on aimerait « sincèrement » appliquer) et ce que l’on fait?
    Il est commun de se « réfugier » derrière le mode de vie occidentale pour se décharger d’un certain nombre de comportements – disons le carrément – médiocres. Pourtant, le phénomène emblématique des maisons de « vieux » n’est pas l’apanage des Occidentaux, puisqu’il se développe honteusement au Maghreb par exemple. Est-ce à dire que le mode de vie dans ces pays est similaire au mode de vie occidentale? C’est un raccourci certainement trop rapide, pas totalement faux malgré tout… Là où ces sociétés se rejoignent sûrement, c’est dans la perte des valeurs dites « traditionnelles » que sont notamment la famille, l’altruisme et le sens du « devoir ». Encore une fois, comment se perdent ou se sont perdues ces valeurs, aujourd’hui considérées comme rétrogrades? Individualisme, sacro-sainte liberté à tout va (y compris d’un mioche de 6 ans qui crache sur ces parents, certainement dans un désir d’émancipation légitime dont il ne faut jamais, ô grand jamais, le dissuader)… Et j’en passe! A qui profite le « crime » de l’individualisme, si ce n’est à une société consommatrice jusque dans ses sphères les plus privées?
    On entend parler du concept d’autorité à tort et à travers. Ce terme, rejeté en son temps, tente aujourd’hui un retour par le biais de la démagogie politique qui se targue de réinstaurer les valeurs d’antan… Tout ceci n’est que poudre aux yeux! Autorité, autoritarisme, des termes mal maîtrisés dont l’utilisation est aujourd’hui vidée de son sens…
    Encore une fois, au risque de me répéter, je crois que la seule voie à suivre pour progresser et éradiquer les mauvais comportements (ceux des enfants envers leurs parents pour revenir au sujet initial) reste l’éducation et la connaissance de notre religion. Cela peut paraître candide de dire cela… Je renvoie pourtant à un précédent post de Clochette, intitulé « Le savoir est un devoir ». Sachons observer et apprendre de notre passé, en premier lieu bien entendu la Sira du Prophète (ص). Et quel meilleur exemple que l’exemple du Message et la façon dont Notre Créateur l’a délivré, en purifiant les cœurs pour les emplir de Justice, au sens le plus noble du terme…
    Aujourd’hui, certains brandissent à tout va « Le licite et l’illicite en Islam », comme si notre religion se bornait à une énumération d’autorisations et d’interdits… Pourtant, quelle devrait être la base de notre pratique? En premier lieu, c’est la Foi profonde et exclusive envers notre Créateur qui là encore, doit purifier notre cœur. C’est sur cette seule base que pourra se construire une pratique saine et digne du comportement voulu par l’Islam, ce fameux comportement exemplaire qui a « conquis » des territoires immenses et accéléré la propagation de notre Religion. Encore une fois, observons notre passé et tirons-en des enseignements…
    A tout moment de notre vie, mais parfois plus encore, nous nous trouvons à ce qu’on appelle communément la croisée des chemins. Non, je ne citerai pas le « bounty » Barack qui évoquait tout récemment la croisée des chemins pour les USA… Mais je vous conseillerai plutôt l’excellent auteur Muhammad Asad, né dans une famille juive de l’empire austro-hongrois et re-converti à l’Islam, auteur d’un livre (étonnant d’actualité malgré ses 80 ans d’âge) intitulé « L’Islam à la croisée des chemins ». Pourquoi évoquer cette croisée des chemins?
    Les lectrices et lecteurs de ce blog sont pour la plupart, des adultes qui ont ou auront bientôt, incha Allah, la lourde mais magnifique charge de devenir des parents. Qui dit mauvais comportement des enfants, dit (parfois!) mauvais comportement des parents. Non pas délibéré, car il est difficile d’être parent d’une part et la bonne éducation n’est pas toujours suffisante d’autre part… Pourtant, avant d’espérer éduquer et orienter nos enfants, sans diriger excessivement et en sachant adopter ce fameux dicton d’une main de fer dans un gant de velours, il est important de nous éduquer par notre religion et ses enseignements.
    Merci aux rédactrices de ce blog d’y participer largement, qui plus est avec finesse et humour… Qu’elles en soient récompensées incha Allah et qu’elles continuent leurs efforts pour nous offrir ces moments de lecture et de partage, dont notre « communauté » n’a que trop besoin. Le meilleur, espérons-le, reste à venir…

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