Le jeûne du jour de Achoura

2 janvier 2009

Par Khadija

Le Prophète (ص) dit : « Le meilleur jeûne après celui du mois de Ramadan est celui du mois sacré de Mouharram ».images5-2

Nous avons entamé le mois de mouharram lundi dernier, jour qui a marqué l’amorce de l’année 1430. L’intérêt de ce mois réside dans le jeûne des 9e et 10e jours, d’où le terme achoura qui renvoie au 10e jour.

Ce jeûne était déjà observé par les juifs de Médine. En effet, lors de son émigration, le Prophète (ص) les questionna sur les raisons de ce jeûne et  ces-derniers lui expliquèrent qu’il commémorait le jour où Dieu sauva Moïse et son peuple de Pharaon et de son armée en les noyant. Aussi, pour remercier le Très Haut, Moïse décida de jeûner ce jour là. Le Prophète (ص) estima que les musulmans étaient plus dignes de se réclamer de Moïse et jeûna ce jour. Il affirma également que s’il était toujours vivant l’année suivante il jeûnerait également le 9e jour de mouharram. Ce qui signifie alors qu’il est bon de jeûner les deux jours.

Pendant ces jours de jeûne, chaque bonne action est multipliée par dix et les péchés de l’année écoulée sont expiés (les petits bien entendus). Comme pour tous les jeûnes surérogatoires, il est important d’observer une certaine régularité et de leur accorder de l’importance parce qu’ils nous permettent de nous racheter quelque part, à moindre effort au regard de la période dans laquelle nous sommes en ce moment: l’abstinence du corps et des sens pendant les jours d’hiver ne relève absolument pas de la gageure.

Je me souviens qu’au Maroc, le jour de Achoura était l’occasion pour les enfants de recevoir des présents et d’organiser des batailles d’eau dans les rues. On s’éclaboussait les uns les autres à coup de seaux d’eau et on rentrait complètement trempés et heureux. Les jeunes filles se rendaient au souk, tirées à quatre épingles pour flâner et se faire remarquer par les jeunes damoiseaux. Personne ne jeûnait, sauf les anciens qui avaient compris où résidait réellement l’intérêt de ce jour.

Achoura est donc un moyen de faire revivre la sounna du Prophète (ص) et également de bien démarrer l’année. Il est important de ne pas délaisser cette tradition ainsi que toutes celles qui lui sont similaires et de les transmettre en insistant sur le caractère historique et symbolique de ces jours.

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4 Réponses to “Le jeûne du jour de Achoura”

  1. Soumia said

    Salam Clochette, encore merci pour ce rappel!
    Figures toi que jme posais justement la question!
    Et bien que Allah ta^ala nous accorde de pouvoir les jeuner et de nous en accorder les récompenses.
    Et qu’Il vous accorde ses bienfaits ici bas et dans l’au-delà pour le bien que vous faites en nous rappellant tout cela!!
    Bonne journée et barakallah ou fikoum mes soeurs.

  2. misse said

    déjà merci en effet de nous le rappeler , car personnellement je ne le savais même pas
    par contre j’ai pas compris les deux jours ou il faut jeuner , c’est le 9 et 10 du nouveau mois ??
    voila merci bslama

  3. sara said

    Salam à toutes !

    Jvoulais juste vous remercier pour ce blog magnifique:
    Je ne connaissais pas la signification du jeûne le jour de Achoura, merci beaucoup.
    Gros Bisous !

  4. Farineuh said

    L’imam Ahmad ibn Hanbal rapporte ce témoignage incontesté et incontestable de l’Imâm ‘Alî:
    «Un jour, entrant chez le Prophète, et voyant ses yeux déborder de larmes, je lui ai demandé:

    – Ô Messager de Dieu, qu’est-ce qui t’a fait pleurer?

    – L’Archange Gabriel vient de me quitter. M’ayant informé qu’al-Hussayn sera tué près de l’Euphrate. Je lui ai demandé si je pouvais sentir la terre sur laquelle son sang sera versé. Il m’a offert alors une poignée de terre, et je n’ai pu empêcher mes yeux de déborder de larmes», répondit le prophète. (Istich-hâd al-Hussayn », Ibn Kathir, le Caire, Matba’at al-Madani)

    L’Imâm al-Hussayn tombera en martyr, effectivement, quelques décennies plus tard, sur la terre prédestinée et indiquée par le Prophète, après avoir subi, ainsi que quelques dizaines de ses proches et de ses compagnons vaillants, un calvaire poignant auquel les ont soumis des «musulmans» déviés ou plutôt des «musulmans» de nom.

    Depuis cette date – l’an 61 de l’hégire – les masses musulmanes, se rappelant ce geste pathétique et significatif du Prophète, n’ont cessé de pleurer ce martyre douloureux du petit-fils du Prophète (P), et de commémorer, chaque année dans le deuil, l’anniversaire de « ‘Âchourâ’ », le 10 Muharram.

    Ce n’est donc pas un jour festif mais un jour de deuil qu’il ne faut guère négliger.

    Très bon site néanmoins 🙂

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