Safia bintou Abdel Moutalib : une femme de conviction et de combat

16 décembre 2008

Par Mariame

S’ il y a bien une femme pour qui j’avais beaucoup d’admiration durant l’adolescence (période durant laquelle  je croyais qu’un Khalid bnou Al Walid des temps modernes, qui vient prendre le thé à la maison le samedi avec sa mère, ça pouvait exister… pffff), c’est Safia bintou Abdel Moutalib. Je m’étais intéressée à sa vie après avoir lu la biographie de son  fils, Zoubeir bnou El Aawam.

Safia était à la fois la tante du Prophète (ص), la mère d’un  illustre compagnon et la soeur d’un des plus grands hommes de l’Islam, Hamza. C’est ce qu’on appelle appartenir à une famille de ouf!! Elle faisait partie des premières femmes qui embrassèrent l’Islam à ses débuts. Elle était aux côtés du Prophète (ص)  et des premier(e)s converti(e)s face à l’adversité et à l’hostilité des Qoreïchites, notamment les membres de sa propre famille. Elle désavoua son propre frère Abou Lahab afin de soutenir son neveu et lui porter secours. Son frère Hamza fit de même, ce qui la rendit d’ailleurs heureuse. Elle avait tellement foi en Dieu et en son Messager qu’elle n’hésita pas à laisser derrière elle sa famille et tous ses biens pour émigrer avec son fils Zoubeir et ainsi, suivre le Prophète (ص ) vers Médine. Vous l’aurez compris, Safia  a dû faire des sacrifices pour vivre sa foi et contribuer à l’essor de ses croyances. C’est ce qu’on appellerait aujourd’hui une femme de conviction. Elle n’a donc rien à envier à une suffragette ou à Ingrid Betancourt (je la cite car adulée par les magazines féminins pour ces raisons…).

C’était aussi une femme de combat. Et c’est peut être cet aspect de sa personnalité qui m’a le plus intéressée. Lors de la bataille du fossé (al khandaq), Safia et les autres femmes musulmanes s’étaient retranchées dans une citadelle, sous la protection de Hassan bnou Thabit. Un cavalier ennemi arriva près des murs de la forteresse, se hissa sur sa monture et découvrit les femmes musulmanes. Safia ordonna à Hassan bnou Thabit de lui trancher la tête, lequel n’osa pas faute de courage. Elle se leva, trancha la tête du soldat puis la jeta par dessus la muraille afin de faire croire aux ennemis que les femmes n’étaient pas seules et qu’au contraire, elles bénéficiaient d »une bonne garde. Sa technique fut tellement efficace que les cavaliers prirent peur et décampèrent.

J’adore cette histoire. Certains n’y verront que du bellicisme (petites natures… on prépare le Grand Soir ici mais chuuut!), et il n’auront rien compris! Elle montre au contraire toute la bravoure, la vaillance, l’intelligence dont a fait preuve Safia bint Abdel Moutalib, qui (avec Salman Al Farissi à l’origine du fossé) a été durant cette bataille un fin stratège. Elle a tranché une tête, et alors? Cela peut paraître gore surtout venant d’une femme, mais c’est ce qu’on appelle se défendre! On ne s’est jamais offusqué de la participation de femmes aux actes de sabotages ou aux opérations armées orchestrés par les résistants Français par exemple… eh bien à chacun sa Lucie Aubrac!

Safia s’illustra également lors de la bataille d’Ohod par sa témérité, et participa aussi à ghazouat Khaïbar avec son fils en première ligne.

Cette grande dame vécut avec la considération de tous les musulmans. Elle fait partie des personnes ayant rapporté de nombreux hadiths.

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Une Réponse to “Safia bintou Abdel Moutalib : une femme de conviction et de combat”

  1. Jihane said

    Salam chère voilée libérale,

    Ton article m’a beaucoup plu et pour avoir étudié et lu quelques livres sur la vie du prophète (saw) et sur ses compagnons, je me suis rendue compte qu’il ya beaucoup d’hommes et de femmes d’exception mal connus, et même pas du tout connus parfois, par la communauté musulmane.
    Mais comment peut-on revendiquer l’appartenance à une Umma dont on ignore les principaux protagonistes, qui ont fondés l’état (je pense à Umar ibn Al Hattab), comme tu le signalais le général Halid ibn al Walid (homme incontournable des conquêtes), bref on pourrait en citer beaucoup.
    Je pense aussi que si la communauté musulmane connaissait mieux son histoire, parce que c’est bien de cela que l’on parle,celle-ci se rendrait compte qu’elle n’a rien à envier aux autres, et qu’au contraire elle devrait être fière de son patrimoine.
    J’ai aussi commencé à lire un livre qui s’intitule « Muhammad (saw) et les femmes », et bien que vous dire sinon qu’on a envie de pleurer en lisant tous ces destins, ces femmes qui ont consacré leur vie aux autres et à aider le prophète(saw) dans sa mission.
    Mais ce qui m’a le plus touchée, c’est la façon dont le prophète(saw) leur rendait hommage, leur parlait, bref c’est la classe, que dire? Notre prophète(saw) respectait les femmes, les considérait comme de vrais trésors bien loin du machisme ambiant actuel que certains hommes essaient de mettre sur le compte de la religion.
    Il faut connaître son histoire, pour qu’on ne puisse pas vous faire croire n’importe quoi, parler de l’islam sans parler de ces personnes d’exception, c’est comme parler des lumières en omettant les philosophes, et bien évidemment c’est impossible.
    Je pense qu’en général, la communauté devrait d’autant plus s’intéresser à ce qu’est l’Islam en tant que culture, et pas seulement en tant que religion, car les gens apprendraient beaucoup des choses et seraient plus ouverts d’esprit.

    Salam à tous.

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