Être musulmane engagée, une réalité ô combien décriée…

6 août 2008

Par Clochette

 On a souvent tendance à réduire la femme à sa position d’être sexué et ce, quelques soient les sociétés, qu’elles soient « occidentales » ou pas. Parité et émancipation, autant de revendications qui sont encore le lot de toutes ces femmes qui aspirent à une certaine considération et à leur réhabilitation dans une société qui  les a trop souvent écrasées. Ces prétentions sont aussi le lot de femmes musulmanes qui, plus que jamais et au-delà des clichés, imposent leur présence et leur point de vue pour s’affirmer en tant qu’êtres pensants  au détriment d’une vision ankylosée que l’on peut avoir d’elles. Car être femme musulmane, et engagée de surcroît,  est un fait qui dans l’imaginaire collectif (qu’il soit musulman ou pas) est souvent perçu comme antinomique.

Dans l’ouvrage Histoire politique des immigrations (post)coloniales, Saïda Kada, une jeune musulmane lyonnaise, retrace son parcours de femme musulmane militante.

Il n’a pas été aisé pour elle d’imposer l’idée d’une association de femmes musulmanes à Lyon en raison de la conjoncture de l’époque. En effet, il semblait présomptueux, dans un milieu alors exclusivement régenté par des hommes, que des femmes veuillent créer leur propre mouvement alors que des associations existaient déjà. Cependant, ces-dernières ne répondaient plus à leurs aspirations, et il a donc fallu imposer un nouveau souffle impulsé par des femmes et pour des femmes. Car qui mieux qu’elles aurait pu répondre à leurs attentes ?

 L’intérêt de son témoignage en tant qu’actrice dans le milieu associatif, réside dans le travail de déconstruction qu’il a fallu accomplir afin d’accepter l’idée que des femmes pouvaient assumer à elles-seules un réel projet socio-politique, non pas par opposition aux hommes (comme c’est le cas des féministes) mais dans une logique d’affirmation et de pragmatisme face à une situation donnée, en l’occurrence lors de la première affaire du hijab avec la circulaire Bayrou.

 Elle propose également de reconsidérer le féminisme, car celui qu’on nous soumet aujourd’hui ne représente pas toutes les femmes, la question du foulard étant très révélatrice de cet état de fait selon elle. Il est vrai que le féminisme est un mouvement qui, me semble t-il, part de la dénonciation du patriarcat dont est victime la femme pour aboutir à l’opprobre de la gente masculine. C’est en quelque sorte déshabiller Paul pour habiller Pierre.

Ainsi, être une femme musulmane engagée  n’est pas contradictoire. Il s’agit plus que jamais d’une évidence. Halte aux prénotions et aux raccourcis qui sont l’apanage des fourbes.

Publicités

Commentaires fermés

%d blogueurs aiment cette page :