Sagesses et malices de Nasreddine le fou qui était sage

21 juillet 2008

Par Mariame

Il est des livres qui vous font réfléchir, rire jusqu’à en pleurer, et voyager à travers le temps et l’espace alors que vous êtes avachies dans un fauteuil ou assises dans le métro. Les trois à la fois. Sagesses et malices de Nasreddine le fou qui était sage, du conteur libanais Jihad Darwiche, en fait partie. Il s’agit d’un recueil de 70 histoires, certaines très courtes d’autres plus longues, qui relatent les aventures d’un homme mythique de la culture musulmane, Nasreddine Hodja, plus connu sous le nom de Joha dans les pays du Maghreb, Goha en Egypte ou encore Hoca en Turquie, qui depuis le VIIIe sicèle est présenté comme un homme tantôt sage et juste, tantôt fou, rusé et impertinent. Ces aventures sont morales, bouffonnes ou absurdes, et nous conseillent dans notre manière d’aborder les choses de la vie. Comme l’indique Darwiche, qu’il soit face à un villageois ou face à un homme de pouvoir, Nasreddine nous donne des astuces pour ne pas payer ses dettes, oublier ses promesses, faire honte aux voleurs, parler avec Dieu, etc. de véritables leçons de vie conjuguant rire et sagesse.

 Voici l’une de mes préférées.

La dispute savante

Un grand savant étranger lança, un jour, un défi à Nasreddine en présence du sultan et des grands du pays. Le Hodja ne put s’y soustraire. Ils se mirent d’accord pour mesurer leurs connaissances en silence, sans prononcer un seul mot. Le savant s’avança, prit un bâton et traça, par terre, un cercle presque parfait. Nasreddine, sans hésiter traça une ligne horizontale, qui coupa le cercle en deux parts égales. Le savant n’avait pas l’air très satisfait, il secoua la tête. Nasreddine dessina alors une ligne verticale qui coupa le cercle en quatre parts. Il en hachura trois, et laissa la quatrième libre. Le savant leva les deux bras en l’air, puis les baissa vers le sol. Nasreddine répliqua en lançant son poing vers le ciel. Le savant se mit à courir autour du cercle, en imitant tantôt le chien, tantôt le singe, tantôt l’âne. Furieux, Nasreddine sortit de sa poche un oeuf dur qu’il avait gardé pour son repas et le brandit bien haut. Le grand savant s’avoua vaincu et se retira dans ses appartements.

– Que s’est-il passé? lui demanda un de ses élèves.

– Cet homma est trop fort. J’avais pourtant choisi le thème de la création du monde, qui est bien difficile. J’ai dessiné un cercle pour lui demander s’il savait que la Terre était ronde. Il m’a répondu: « bien sûr, et l’équateur la coupe en deux ». J’ai secoué la tête pour dire que cette réponse n’était pas suffisante. Il a ajouté un trait vertical et hachuré trois parts pour me signifier: »les trois quarts de la Terre sont couverts d’eau. » Quand J’ai levé puis baissé les bras pour dire que l’eau tombe du ciel, il a lancé son poing vers le ciel pour me corriger: ‘oui! mais elle jaillit aussi des sources. » J’ai commencé alors à courir en imitant les animaux, pour lui dire que c’est grâce à cette eau que les animaux de la Terre vivent, mais il m’a répondu: « il ne faut pas oublier les oiseaux. » Ah, il est vraiment trop fort pour moi.

Le sultan, ravi de l’exploit de Nasreddine, l’envoya chercher.

– Comment as-tu fait pour gagner si facilement?

– C’est très simple, Ce savant est un prétentieux. Il a dessiné une assiette pour me dire: « Quoi? tu ne m’invites pas à manger, alors que je suis étranger? » J’ai répondu: « Bien sûr, mais on partage le repas. » Il n’avait pas l’air content. J’ai répliqué vite en lui signifiant que s’il n’était pas content je prendrai les trois quarts et il sera bien obligé de se contenter d’une seule part. Il a commencé à lever puis baisser les bras pour me dire: « Oui! je vais te jeter par terre et te frapper ». Moi, je n’allais pas me laisser faire. Je lui ai dit: « tu voudrais peut-être goûter à mon poing? » Alors, là, il a perdu toute dignité. Il s’est mis à me traiter de chien, de singe, d’âne. Je n’allais pas le laisser continuer à m’insulter. Je lui ai dit qu’il fanfaronnait, mais qu’il était aussi lâche qu’une poule. Et là, il n’avait plus rien à dire.

Il s’agit du tome II (je n’ai pas encore reçu le tome I. Et comme je n’aime pas changer de librairie, et bien j’attends sagement…). Il coûte 12,50 Euros, soit un t-shirt basique soldé chez GAP, soit une réglette de six macarons chez Ladurée…à quelques centimes près.

Bisous mes poulettes!

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3 Réponses to “Sagesses et malices de Nasreddine le fou qui était sage”

  1. Salam aleikoum

    Trop fort ^^ lol je me rappelle avoir lu quelques histoires de Nasredine mais ça fait bien longtemps ^^

    Merci de nous avoir partagé un passage du ce livre

    Bisous

  2. OumAleyna said

    Salam aleykoum,

    Il est trop fort cet auteur ! Mon mari qui est turc le connait depuis tout petit, enfin, le personnage là. En turc, on l’appelle aussi « Nasreddine Hodja » ou « Nasreddine Hoca » sachant que le Hoca est en fait le imam 😉
    Mes filles ont un VCD de lui, j’aime beaucoup ^^
    Y’a un livre en vente sur IqraShop, je ne sais pas si tu as vu, il y a une histoire de lui en aperçu du livre, avec les ânes qu’il va acheter, la fin est trop marrante, j’aime vraiment sa femme hihihi !

  3. la voilée libérale said

    Fleur de Ja,

    salam ma jolie

    mais je t’en prie 😉
    Sinon, est-ce que l’heureux évènement est arrivé??? 🙂

    OumAleyna,

    oui, j’ai vu ce livre là. J’en ai commandé d’autres, mais ils ne sont pas encore arrivés. En tout cas, toi qui me dis que ton mari est Turc, j’adore la culture turque. Je trouve que c’est une grande civilisation. C’est limite un pays dans lequel j’aimerai bien vivre 😀 (en faisant bien sûr abstraction des laîcards)

    Bisous

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