Des vertus du mariage – Première partie : De ce qui peut inciter au mariage ou en détourner- Abu Hamid Muhammad Al Ghazali

8 juillet 2008

Par Khadija

Etre célibataire nous amène à nous interroger sur notre condition au regard de notre religion : le célibat peut-il empêcher un certain épanouissement spirituel ? Le mariage est-il source d’équilibre ? Etre célibataire permet-il de mieux se consacrer à sa pratique religieuse ?

En fouinant ce weekend dans ma librairie orientale préférée située métro La Chapelle, je suis tombée sur le livre d’Al Ghazali, Des vertus du mariage, extrait du fameux et excellent ouvrage Revification des sciences de la Religion. La célibataire que je suis a vite été lire l’envers de la couverture pour plus d’infos: il s’agissait d’Al Ghazali, l’illustre penseur musulman que l’on surnommait hujjat al Islam, la Preuve de l’Islam.  En temps normal, je dois avouer que je passe mon chemin quand je remarque un ouvrage qui traite du sujet du mariage en Islam parce que la question est souvent traitée de manière superficielle et primaire. Cependant, dans cet ouvrage le mariage est analysé tant d’un point de vue purement spirituel et donc éthique, mais aussi social, que d’un point de vue sexuel, tout en se basant sur le Coran et la Sunna (tradition prophétique).

L’intérêt que peut susciter un tel ouvrage réside dans l’ambivalence que peut revêtir l’institution du mariage en Islam. En effet, Al Ghazali fait état de la scission au sein des doctes de l’Islam concernant les mérites et le bien fondé du mariage : il affirme que certains considèrent que se marier permet une réelle élévation de la foi, et celle-ci va bien au-delà de l’isolement spirituel ou toute forme d’ascétisme ; a contrario, d’autres pensent que la retraite spirituelle est plus méritoire que le mariage en dépit des vertus qui lui sont intrinsèques. Ainsi, les deux avis sont exposés et sont présentés sous les titres suivants : De ce qui peut inciter au mariage et de ce qui peut en détourner ; Des avantages et des inconvénients du mariage.

Dieu enjoint dans le Coran de marier les célibataires et le Prophète (SAW) affirmait que le mariage fait partie de sa coutume (sunna), et  quiconque se détourne de sa coutume n’est pas des siens.

Il est donc patent que l’Islam incite fortement au mariage afin notamment de préserver son être de toute intempérance mais aussi pour assouvir sa sensualité et assurer sa descendance.

Néanmoins, Al Ghazali met en avant l’idée que certains érudits estiment qu’il est préférable d’observer le célibat quand l’individu se trouve incapable d’assumer ses responsabilités, d’assurer une existence licite (Al Ghazali parle de subsistance licite mais je pense que ce terme recèle une acception plus générale et étendue) et enfin, c’est le moins grave des trois selon Al Ghazali, se détourner de Dieu en ce sens que le plaisir charnel prendrait le dessus sur la dévotion spirituelle.

Ainsi, Al Ghazali invite le croyant ou la croyante à peser le pour et le contre pour ne pas prendre de décision trop hâtive si l’on tient compte des deux thèses contradictoires qui incitent ou s’opposent au mariage. Toutefois, la position d’Al Ghazali est beaucoup plus nuancée puisqu’il juge « idéal » d’allier ascétisme et vie conjugale, considérant que nul ne peut faire preuve de dévotion sans prendre de repos. Il insiste, par ailleurs, sur les conditions objectives de l’époque des prophètes ou des saints qui ont décidé de ne pas prendre d’épouses car il est important de toujours tenir compte du contexte et de la conjoncture pour ne pas tomber dans des raccourcis ou autres interprétations erronées.

En somme, Al Ghazali était un homme de son temps, un homme de notre temps de surcroît puisqu’il ne se cantonnait pas à une conception plate du mariage. Il a mis en exergue l’importance de la tempérance et de l’équilibre dans un sujet aussi complexe et délicat que le mariage. Un homme de notre temps parce que de nos jours, il est impossible d’être partisane des thèses de ceux qui considéraient que le mariage peut détourner de  Dieu. Bien au contraire, vivre comme nous le faisons dans une société où le sexe fait loi et où la concupiscence est présente à tous les coins de rue, ne peut que nous conforter dans l’idée que ne pas se marier, c’est indubitablement se détourner de Dieu !

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3 Réponses to “Des vertus du mariage – Première partie : De ce qui peut inciter au mariage ou en détourner- Abu Hamid Muhammad Al Ghazali”

  1. Za said

    Salam,

    J’ai beaucoup aimé l’article , BRAVO..
    J’ai tant cherché ce livre , c’est un livre très important que chaq musilman doit avoir lu aumoin une fois, que ça soit homme ou femme, célibataire oui, mais aussi il n est pa strop tard pour les mariés..

    ZA

  2. Clochette said

    salam

    ce livre est disponible il me semble dans la plupart des librairies islamiques ou orientales.
    Merci pour tes encouragements, je suis heureuse de constater que cet article a eu un bon echo.

  3. houdhoud said

    salam

    Le mariage? Ah! Pas l’temps.

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